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Ellen'a d'ailleurs pas dit que ce pouvoir s'exerçait sur la création (ce qui serait évidemment déconnecté de la réalité puisqu'un immense nombre d'auteurs n'ont jamais fait d'études de lettres universitaires, mais ça serait également déconnecté de la réalité de dire que ces études n'influencent pas certains auteurs ou éditeurs qui les suivent). Bref, encore une fois,
Gagner de lâargent en Ă©crivant est un Eldorado qui peut sembler inaccessible. On se reprĂ©sente lâauteur comme un ĂȘtre incompris, amaigri par les privations, sâĂ©clairant Ă la bougie dans sa chambre de bonne, classant une Ă une dans un dossier Vengeance » les lettres de refus des Ă©diteurs⊠Sachez pourtant quâil existe un grand nombre de mĂ©tiers possibles pour ceux qui aiment gratter. Alors, jâen ai compilĂ© 25, que jâai dĂ©crits, avec tous les articles, les livres et les formations pour y parvenir. Alors, si avec ça vous ne parvenez pas Ă trouver comment gagner votre vie avec vos Ă©crits, je ne sais vraiment plus quoi faire de vous. đ Gagner de lâargent en Ă©crivant des articles Journaliste Le mĂ©tier de journaliste peut prendre de trĂšs nombreuses formes. Cela va du grand reporter au rĂ©dacteur de piges pour les dĂ©pĂȘches, en passant par les articles de magazines spĂ©cialisĂ©s, comme les journalistes scientifiques. Comme vous pouvez le lire dans mon article Comment devenir journaliste sans diplĂŽme, vous pouvez trĂšs bien crĂ©er vous-mĂȘme votre mĂ©tier de journaliste, et vous faire connaĂźtre par votre propre blog ou chaĂźne Youtube. Vous y trouverez toutes les ressources nĂ©cessaires. Alors, plutĂŽt que de passer 5 ans Ă la fac et dans une Ă©cole de journalisme, puis les 5 annĂ©es suivantes en tant que stagiaire ou pigiste vivant sous le seuil de pauvretĂ©, attaquez directement par lâexercice de votre passion en enquĂȘtant, rĂ©digeant et relatant sur les sujets qui vous touchent le plus, et en les diffusant vous-mĂȘme. Certes, vous serez au RSA, mais câest mieux payĂ© que stagiaire, et vous gagnerez aussi quelques annĂ©es, en Ă©prouvant immĂ©diatement les rĂ©alitĂ©s du mĂ©tier. Et vous vous ferez connaĂźtre du grand public de maniĂšre bien plus sĂ»re quâen signant un pauvre billet quotidien dans 20mn. Non, personne ne lit le nom du gars qui a Ă©crit Melun Ivre, il percute un piĂ©ton dans un parking. » Mais bien plus de monde connaĂźtra la chaĂźne Youtube Le roi de lâenquĂȘte » ou le blog Justice et libertĂ© » ou encore Au cĆur de la science ». Il ne sâagit pas ici de gagner votre vie avec cette chaĂźne ou ce blog bien que je vous le souhaite, mais de vous en servir en guise dâĂ©cole de journalisme, et en considĂ©rant ces mĂ©dias comme un moyen plus sĂ»r de vous faire remarquer. Ensuite, vous pourrez envoyer des articles Ă des journaux, des magazines. Vous ĂȘtes dĂ©jĂ connu vous avez dĂ©jĂ des lecteurs. Ăcrire pour vendre Copywriter Le copywriter est au rĂ©dacteur web ce que le gratin dauphinois est au plat de patates. AprĂšs-tout, ce plat serait-il devenu cĂ©lĂšbre si le radin Duc Charles-Henri de Clermont-Tonnerre qui a lui-mĂȘme un nom qui claque, nâavait pas choisi de servir aux officiers ce plat de patates au lait, et pour faire passer la pilule de lâabsence de chevreuil, nâavait-il pompeusement nommĂ© celui-ci ? Vous lâavez compris, le copywriter est mi-poĂšte, mi-renard. Il faut trouver le terme qui sĂ©duira et permettra aux larges becs de laisser tomber leur proie. Ătre un bon copywriter, câest connaĂźtre les ficelles du marketing, de la rhĂ©torique et de la psychologie. Ăa ne sâapprend pas en un jour, mais si vous lisez, ne serait-ce que quelques ouvrages et de bons blogs sur le sujet, vous deviendrez dĂ©jĂ bien meilleur que la grande majoritĂ© des rĂ©dacteurs web qui ne sâintĂ©ressent pas Ă ce domaine. Et les copywriters qui savent bosser, gagnent des sommes qui sâenvolent loin au-dessus des problĂ©matiques de concurrence dĂ©loyale dĂ©localisĂ©e. Je dis ça, je dis rien. Pour apprendre le copywriting, 2 blogs Copywriting-pratique. Plus de 500 articles Ă consommer sans modĂ©ration ! Lifestylers, le blog inspirĂ© de Greg, qui vous apprendra beaucoup, ainsi que sa newsletter impressionnante. Et 3 ouvrages JâachĂšte ». Introduction au copywriting hypnotique, de Christian Godefroy. Le plus cĂ©lĂšbre copywriter français vous dĂ©livre ici dâexcellentes bases, tant dans le fond, que dans la forme. Alors soyez malin, et observez bien de quelle façon ce monsieur rĂ©dige lui-mĂȘme⊠Words that sell, de Richard Bayan. Un Ă©norme thesaurus, avec 6000 mots et phrases Ă utiliser et mixer pour toutes vos pages de vente. Tested advertising methods, de John Caples. Lâinventeur du cĂ©lĂšbre titre Ils ont ri quand je me suis assis au piano, mais quand jâai commencĂ© Ă jouer⊠», vous enseigne les phrases qui ont vraiment marchĂ© dans sa riche carriĂšre de copywriter. Ăcrire pour les porte-paroles RĂ©dacteur de discours Le rĂ©dacteur de discours est un copywriter haut de gamme. Il Ă©crit dans le but de convaincre et sait manier les formules chocs, les images et le storytelling. Quand il Ă©crit pour les politiciens, on le nomme Plume politique. Avant de vous imaginer devoir rĂ©diger les chefs-dâoeuvres de langue de bois de nos Ă©lus, sachez quâil nây a pas que les politiciens qui font des discours, mais aussi les chefs dâentreprise, ou reprĂ©sentants de collectivitĂ©s, dâassociations⊠Voici quelques liens pour vous aider Comment Ă©crire un discours en 4 Ă©tapes, sur le blog Coach-Ă©loquence Un cours en PDF, plutĂŽt bien fait. Ăcrire un discours persuasif, sur Un excellent ouvrage, trĂšs clair, efficace How to write and give a speech, de Joan Detz. Comment ça vous parlez pas anglais ? Faut regarder Orange is the new black sans les sous-titres, darling. Il existe aussi une formation spĂ©cialisĂ©e sur 2 jours, et jâimagine remboursĂ©e si vous y avez droit Et bien-entendu, regardez le film Ă voix haute, qui inspirera plus dâun rhĂ©toricien. Ăcrire pour le rĂ©fĂ©rencement RĂ©dacteur web SEO Le rĂ©dacteur web Seo travaille main dans la main avec le rĂ©fĂ©renceur. Il sait jongler adroitement avec les mots-clĂ©s, la sĂ©mantique, les variations de champs lexicaux et la mise en page adaptĂ©e pour une bonne lecture des moteurs, tout en restant lisible et agrĂ©able pour les humains. Il doit maĂźtriser plusieurs thĂ©matiques et doit possĂ©der une certaine culture gĂ©nĂ©rale. Sauf sâil est spĂ©cialisĂ©, comme un rĂ©dacteur technique, auquel cas, il doit connaĂźtre sa thĂ©matique sur le bout des doigts. Si vous ĂȘtes Ă lâaise avec la langue française, et que vous ne supportez plus les patrons de mcdo ou monoprix, je vous conseille de tester. Câest le job vers lequel tendent de nombreux Ă©tudiants en mal de jobs faciles, et qui ne peuvent plus voir un emballage de hamburger en photo sans tressaillir. Est-ce que cela signifie quâil nâexiste pas de rĂ©dacteurs SEO qualifiĂ©s ? Bien-sĂ»r que non. Mais jâai vu suffisamment de rĂ©dacteurs web dĂ©butants travailler, pour vous dire que la diffĂ©rence entre un texte rĂ©digĂ© par une personne se faisant payer 30⏠de lâheure, et lâautre 10⏠était bien souvent peu flagrante. Alors quâest-ce qui sĂ©pare rĂ©ellement un rĂ©dacteur SEO un peu pourrave sans vouloir vexer ceux qui bossent Ă bas prix, dâun rĂ©dacteur vraiment au top ? Et comment justifier votre salaire ? La qualitĂ© du service client. Mine de rien, ceux qui bossent pour pas grand chose vous le font bien comprendre. La comprĂ©hension parfaite des consignes. Y a pas Ă dire si on lit des consignes Ă longueur de journĂ©e et quâon enchaĂźne les articles, on a de fortes chances dâen zapper quelques unes, ou de les interprĂ©ter Ă sa sauce. La finesse de lâĂ©crit. La langue de MoliĂšre recĂšle de subtilitĂ©s syntaxiques, rythmiques et stylistiques dont les rĂ©dacs Ă 2 balles se moquent ouvertement. Quand je mâoccupais de diriger une Ă©quipe de rĂ©dacteurs web, je prĂ©cisais dans lâannonce dâembauche profil 19/20 au bac L ». Parce que oui, les Ă©tudiants de 18 ans qui ont 19/20 au bac L savent sacrĂ©ment bien manier le français, les tournures de style, et sont habituĂ©s Ă lire des consignes complexes sans en omettre aucune prĂȘts Ă passer lâoral Ă chaque instant. Morale ? Devenez ce rĂ©dac qui respecte les 3 points prĂ©cĂ©dents, et vous justifierez de votre salaire. Si vous vous plaignez de la concurrence du tiers-monde, il y a fort Ă parier que vous ayez le mĂȘme niveau, ou que vous vous adressiez Ă des rĂ©fĂ©renceurs peu soucieux de la syntaxe. Je le rĂ©pĂšte souvent, mais il ne sert Ă rien de brandir des pancartes Ă bas la mondialisation ». Si vous souhaitez gagner votre vie dĂ©cemment, il va falloir fournir un service Ă la hauteur. Et croyez-moi, tout le monde ne veut pas payer 5 cts le mot. De nombreuses personnes ont du budget, et cherchent justement les personnes qui ne proposent PAS 5cts le mot. NâhĂ©sitez surtout pas Ă lire mon ebook Triplez vos tarifs pour en savoir un peu plus. Pour aller plus loin sur ce blog Les 7 secrets des rĂ©dacteurs web qui rĂ©ussissent. 21 astuces pour gagner 3000⏠par mois sur les plateformes freelance Guide complet pour lancer sa carriĂšre de rĂ©dacteur web Ăcrire pour corriger Correcteur Il y a maintenant 15 ans jâarrive pas Ă croire que ça fait 15 ans, questions existentielles, etc., jâai suivi une formation de correctrice de texte par correspondance. Oui, vous avez bien lu le mot correspondance. Avec des courriers en vrai papier reçus dans ma boĂźte aux lettres, je nâavais pas internet questions existentielles, etc., et franchement, câĂ©tait assez simple. Le plus dur Ă©tant de maĂźtriser tous les petits symboles qui signifient Ă lâĂ©diteur faute, Ă reformuler, etc ». Il y avait bien-entendu Ă maĂźtriser parfaitement la langue française afin de pouvoir non seulement dĂ©tecter la moindre coquille, rĂ©pĂ©tition ou formulation hasardeuse, mais aussi pouvoir suggĂ©rer ses propres reformulations. Aujourdâhui, correcteur est sorti des milieux journalistiques et littĂ©raires pour sâĂ©tendre aux blogs, aux ebooks, aux pages de vente, bref Ă la toile tissĂ©e du verbiage plus ou moins adroit des communicateurs de ce monde. Vous avez donc de multiples personnes Ă qui envoyer votre candidature. Journaux, maisons dâĂ©dition, sites web dâenvergure, auteurs freelance⊠Mais sachez quâil nây a pas quâeux ! Jâai eu aussi Ă corriger un mĂ©moire universitaire une fois. CâĂ©tait sur la gĂ©ographie allemande au XiVĂšme siĂšcle. Laborieux. Ici, toutes les infos sur le job de correcteur. La formation que jâai faite Centre dâĂ©criture et de communication. Ăcrire pour traduire Traducteur Alors, je vous le dis tout de suite, le milieu de la traduction littĂ©raire, ou du sous-titrage, et mĂȘme si vous avez fait une Ă©cole de traduction, est over-bouchĂ©. Mais pourquoi tu en parles alors ? JâĂ©tais tellement pleine dâespoir ! » gĂ©mit Anne-Clotilde, qui sait dire dĂ©gage sale ivrogne » en portugais une sombre histoire. Eh bien parce quâil existe une autre maniĂšre, plus maligne de devenir traducteur, et je vais vous lâexpliquer ici. Il existe un grand nombre dâebooks anglophones non traduits, au grand dam de nos compatriotes unilinguistes. Non traduits et, je dirai mĂȘme plus non-Ă©ditĂ©s. Câest le cas par exemple de tous ces auteurs qui se sont fait connaĂźtre par leur blog, et qui y vendent leur ebook, ou par Amazon. Il y a aussi tous ces vendeurs de produits en ligne et qui ont un systĂšme dâaffiliation. Vous leur Ă©crivez, et vous leur proposez de traduire leur livre, en Ă©change de la moitiĂ© des ventes sur ces ouvrages traduits. Faites la mĂȘme chose avec les pages de vente de produits affiliĂ©s. Jâai essayĂ© de le faire par exemple avec mon affilieur Scrivener. Jâai un article avec un lien qui redirige vers ce logiciel, qui, bien quâil soit aussi disponible en français, ne possĂšde pas de page de vente dans cette langue. Comme je transforme dĂ©jĂ pas mal avec la page de vente en anglais, jâai contactĂ© les auteurs du logiciel pour leur proposer de traduire gratuitement leur page de vente, afin dâaugmenter mes ventes et les leursâŠ. Ils ont refusĂ©, car ce sont des idiots Ă bien plus dâun titre, mais je suis certaine que vous trouverez des personnes intĂ©ressĂ©es par ce procĂ©dĂ©. Pour traduire correctement dâune langue Ă©trangĂšre vers le français ne faites jamais lâinverse si lâautre langue nâest pas votre langue maternelle, il vous faut maĂźtriser les subtilitĂ©s des deux langues, et possĂ©der une maĂźtrise parfaite de la langue française, comme pour un rĂ©dacteur web. Pour vous donner une Ă©chelle, jâai un niveau dâanglais level Game of thrones sans les sous-titres, moins quelques mots de vocabulaire, et je suis Ă mĂȘme de traduire nâimporte quelle page de vente ou dâebook, si celui-ci est dâun niveau de langue courant. Jâai fait le test sur une plateforme de traduction, et jâai obtenu le plus haut niveau pour la rĂ©munĂ©ration. Donc, si vous Ă©crivez le français au moins aussi bien que moi, et que vous ĂȘtes capable de regarder une sĂ©rie amĂ©ricaine sans les sous-titres, avec de temps Ă autres un mot qui vous Ă©chappe, vous pouvez vous improviser traducteur malin. Gagner de lâargent en Ă©crivant pour son blog blogueur Ăvidemment. đ Si lâon suit une bonne stratĂ©gie, on peut tout Ă fait gagner sa vie en bloguant. Il ne sâagit pas dâun mythe, et non, je ne parle pas de gagner 10 000⏠par seconde, en travaillant 5h par mois, mais de considĂ©rer le blogging comme votre outil de vente, votre travail, votre gagne-pain, sans gros fantasmes de yacht et champagne pendant que le revenu passif tombe sans rien faire. Par contre, je ne vais pas mâĂ©taler ici sur ce point, car jâai dĂ©jĂ traitĂ© ce sujet dans de nombreux articles. Je vous mets donc en lien ci-dessous ces articles en question Guide complet en 3 parties Comment gagner de lâargent avec un blog Comment Ă©crire un article de blog Comment faire connaĂźtre son blog RĂ©fĂ©rencer son blog sur Google Ăcrire des fresques Ă©piques Romancier historique Il existe un gros marchĂ© pour le roman historique. En gros, vous prenez une Ă©poque intĂ©ressante de lâhistoire, comme par exemple une guerre, nâimporte laquelle, et vous y dĂ©veloppez une intrigue. Un romancier qui excelle dans cet exercice est Ken Follett. Son oeuvre la plus connue est Les Piliers de la terre, en 2 tomes, qui raconte une histoire assez miĂšvre se dĂ©roulant dans le monde des bĂątisseurs de cathĂ©drales du XIIĂšme siĂšcle. Le contexte est tellement intĂ©ressant, et si bien documentĂ©, que lâintrigue, Ă la base assez basique, en devient passionnante. Mais le roman de lui que je prĂ©fĂšre, et que je trouve le plus remarquable au niveau de la prĂ©cision des dĂ©tails et de lâatmosphĂšre, est Les lions du Panshir, qui se dĂ©roule pendant la guerre dâAfghanistan des annĂ©es 70. Vous vous sentez Ă la fois lâĂąme dâun historien, prĂȘt Ă tout lire sur la pĂ©riode que vous souhaitez traiter, et dâun romancier ? Vous avez plein dâidĂ©es dâintrigues, mais elles ne vous semblent pas suffisantes pour crĂ©er un bon roman ? Devenez romancier historique, et encore une fois, ne comptez pas sur les maisons dâĂ©dition pour vous publier, bien que je vous conseille tout de mĂȘme dâessayer, mais faites-vous connaĂźtre par votre blog. Si vous ĂȘtes bons, il y a des gens qui adoreront tĂ©lĂ©charger vos ouvrages pour partir en vacances. Ce qui fera vraiment la diffĂ©rence sera le niveau de recherches que vous aurez fait sur votre sujet. Quand jâai commencĂ© Ă lire Les piliers de la terre, je me rappelle que toutes les impressions fortes Ă©taient causĂ©es par un contexte dâĂ©poque. Une femme qui accouche dans un hĂŽpital en 2015, câest un peu barbant, mais une femme qui accouche dans la forĂȘt, en hiver, au XIIĂšme siĂšcle la claque. Ressources Petite vidĂ©o de conseils pour devenir un romancier historique Les prises de tĂȘte instructives dâEvelyne Brisou-Pellen. Ăcrire un roman historique, un article basique mais utile. Je nâai pas lu ce livre, mais la prĂ©sentation me semble plutĂŽt prometteuse Ăcrire un roman historique, de Louis Timbal-Duclaux. Ăcrire pour faire frissonner Romancier noir De mĂȘme que pour le romancier historique, prenez une intrigue policiĂšre basique, un tueur en sĂ©rie quâon recherche par exemple, et poussez le bouton jusquâau niveau Immonde ». -> Il dĂ©pĂšce ses victimes avec les dents et se fait des piercings avec leurs doigts. Le tueur est bien-entendu un rescapĂ© dâun camp de concentration de CorĂ©e du Nord. -> Le tueur Ă©tait en fait plusieurs ? Pas de soucis, mais ce sont des descendants dâanciens nazis, qui ont poursuivi lâoeuvre de leur pĂšre en tuant leurs victimes avec du gaz dans leur cave, et qui sâamusent Ă crĂ©er des humains Ă 2 tĂȘtes Ă partir de jumeaux monozygotes normal. Mettez-y un hĂ©ros de type flic qui boit ou se drogue, un acolyte qui soit un gĂ©ant rescapĂ© dâun cirque roumain et qui ne ressent pas la douleur, et voilĂ votre intrigue surgelĂ©e transformĂ©e en bon petit plat. MĂȘme principe que pour le roman historique, rĂȘvez un peu, mais pas trop, et dĂ©foncez-vous Ă Ă©tudier le contexte, pour le plus de dĂ©paysement possible. Pour vous former tranquillement chez vous Un bouquin un peu vieillot, mais je me rappelle quâil donnait plein de bons conseils pour les polars noirs Je suis un Ă©crivain, de Gilbert Gallene. 10 conseils de Raymond Chandler pour Ă©crire un bon polar. Et 19 lois selon Borges. Un blog dĂ©diĂ© entiĂšrement Ă lâĂ©criture dâun polar. Ăcrire pour faire vibrer mĂ©mĂ© Romancier sentimental Ăa vous dirait que je vous cloue au-dessus de la cheminĂ©e ? » Vous connaissez les romans Ă lâeau de rose, dans lesquels Steve monte Sandy dans la dĂ©capotable ? Et bien, vous pouvez les rĂ©adapter avec du trash et surfer sur la vague des 50 nuances de Grey. Câest toujours la mĂȘme recette vous mettez un contexte intĂ©ressant, vous rĂ©chauffez le tout, et Sandy se fait monter par Steve dans un Jet privĂ© Ă destination dâune Ăźle secrĂšte remplie dâesclaves sexuelles libĂ©rĂ©es in extremis avant leur mise Ă mort rituelle. Il existe des cours pour ça aussi, eh oui ! Je ne lâai pas lu, mais le titre est trĂšs allĂ©chant Ăcrire un roman sentimental et se faire publier, de Brigit Hache. Un article marrant pour Ă©crire un roman Harlequin en 3 Ă©tapes. Ăcrire votre roman sentimental français et accessoirement vous faire publier par Amorosa Et bien-sĂ»r Soumettre son manuscrit Ă Harlequin. Ils doivent bien rigoler quand mĂȘme dans cette maison dâĂ©dition⊠Ăcrire pour les autres Ghostwriter Aussi appelĂ© nĂšgre littĂ©raire, ce qui nâest pas du tout raciste noooon, quâallez-vous chercher ?, lâĂ©crivain fantĂŽme est un Pierrot qui prĂȘte sa plume Ă ses amis moins inspirĂ©s. Pour pouvoir devenir Ghostwriter, il faut, contrairement Ă ce que vous pourriez croire, ĂȘtre dĂ©jĂ reconnu. Sans preuve de votre talent, on ne vous confiera jamais ce job. Essayez alors de publier au moins un ouvrage, didactique par exemple, mĂȘme auprĂšs dâune petite maison dâĂ©dition, et Ă©crivez aussi vos propres ebooks, un blog, bref, montrez-vous. Je pense quâil sera assez difficile au dĂ©but de prĂ©tendre Ă ĂȘtre la plume dâune personnalitĂ© trĂšs importante, ainsi je vous conseille de vous crĂ©er un site dâapparence trĂšs pro, et de vous faire connaĂźtre par les rĂ©seaux sociaux. NâhĂ©sitez pas Ă vous promouvoir en envoyant des emails, des messages privĂ©s, et Ă passer quelques coups de tĂ©lĂ©phone. Quand on est pas du tout connu, et cela quel que soit le milieu, il existe une stratĂ©gie qui consiste Ă proposer un exemple de travail, un Ă©chantillon gratuit, afin de prouver votre talent. NâhĂ©sitez pas Ă le proposer sur votre site. Ăcrire des mĂ©moires Biographe Les personnes ĂągĂ©es ont vĂ©cu une longue vie, parfois trĂšs riche en Ă©vĂ©nements marquants, et ont envie de la transmettre Ă leurs amis, et leurs descendants. Mais avoir vĂ©cu une vie palpitante ne signifie pas forcĂ©ment avoir le talent littĂ©raire nĂ©cessaire Ă produire un ouvrage intĂ©ressant Ă lire. Câest lĂ quâintervient le biographe. Pour ĂȘtre un bon biographe, vous devez avoir de grandes qualitĂ©s dâĂ©coute, et ĂȘtre capable de crĂ©er un climat de confiance entre la personne et vous. Vous lâinterviewerez sur sa vie, mais il faudra poser les bonnes questions. Et pousser la personne Ă dĂ©voiler une intimitĂ© quâelle nâĂ©tait pas forcĂ©ment prĂȘte Ă rĂ©vĂ©ler. Car le sentiment dâavoir vĂ©cu une vie intĂ©ressante vient avant tout des dĂ©tails, qui peuvent sembler inintĂ©ressants au protagoniste Ă premiĂšre vue, mais qui reprĂ©sentent en rĂ©alitĂ© lâessence mĂȘme de sa vie, et vont donner Ă lâhistoire un caractĂšre personnel. Et dâautre part, sa vie recĂšle forcĂ©ment des pertes, des souffrances qui peuvent lâamener Ă se sentir vulnĂ©rable face au jugement, le vĂŽtre, mais aussi celui de ses futurs lecteurs. Il faudra bien-entendu faire des recherches sur le contexte, en questionnant la personne, mais aussi en vous documentant. En effet, la personne qui raconte nâest pas forcĂ©ment consciente du climat tout Ă fait particulier de sa famille, de sa ville ou de son Ă©poque. Je vous conseille de lire ces deux livres, qui, en vous expliquant comment Ă©crire votre autobiographie, vous donneront beaucoup de clĂ©s pour Ă©crire celle des autres Ăcrire son autobiographie, de MichĂšle Eckenschwiller, et Ăcrire lâhistoire de sa vie, de Michel Barlow. Il faut croire que les Michel/es sây connaissent en biographie. CrĂ©ez-vous un site pro, avec une page de vente qui parle au coeur de vos clients. Si je voulais embrasser la carriĂšre de biographe, je commencerais par faire une Ă©tude de marchĂ© auprĂšs de 200 prospects ciblĂ©s retraitĂ©s, expatriĂ©sâŠ, et je leur demanderais Avez-vous dĂ©jĂ songĂ© Ă Ă©crire vos mĂ©moires ? Pour quelles raisons ? Quâaimeriez-vous que les gens se disent aprĂšs avoir lu vos mĂ©moires ? Que souhaiteriez-vous mettre en avant, avant tout autre chose ? Et dans un 2Ăšme temps ? Ainsi, je pourrais construire un verbatim et lâutiliser dans ma page de vente. Ensuite, jâexpliquerais en dĂ©tails la maniĂšre concrĂšte dont je vais procĂ©der, par exemple Je me dĂ©place Ă votre domicile avec mon enregistreur, nous nous installons autour dâune tasse de thĂ©, et je vous pose des questions sur votre vie, dans lâordre chronologique. Vous pourrez me montrer vos photos, vos lettres, ou tout document qui vous semblera propice Ă bĂątir votre histoire, etc. Ăcrire pour la scĂšne Dramaturge Le dramaturge Ă©crit pour le théùtre, et par extension pour le stand-up. Il existe un trĂšs grand nombre dâacteurs qui souhaitent se faire connaĂźtre, de metteurs en scĂšne Ă la recherche de textes contemporains inspirants. Je ne vous cacherai pas que pour devenir dramaturge, il faut frĂ©quenter le milieu du théùtre, avoir soi-mĂȘme fait de la mise en scĂšne, et une formation au jeu ou Ă lâart dramatique. Il faut faire partie de ce milieu, et ĂȘtre engagĂ© dans une dĂ©marche artistique. Les personnes qui, dans leur coin, ont Ă©crit une piĂšce et veulent la vendre, nây arriveront pas. Au mieux, elles pourront prĂȘter leur texte Ă une troupe amateur qui gagnera 100⏠par mois en piĂšces jaunes tombĂ©es dans un chapeau. Il vous faudra donc une solide formation, comme par exemple, celle-ci mais je vous le donne en mille, avec le niveau de lâEnsatt, et avec des pointures comme Enzo Cormann Ă la tĂȘte de la formation, vous nây serez pris que si vous avez beaucoup de talent de travail derriĂšreâŠ, et une formation initiale littĂ©raire et artistique. Il vous faudra avoir dĂ©veloppĂ© un point de vue solide sur lâart et la sociĂ©tĂ©, et une maturitĂ© dans lâapplication de votre savoir au travers de lâĂ©criture dramaturgique. Bien entendu, vous aurez dĂ©jĂ Ă©crit des choses, qui auront Ă©tĂ© montĂ©es, au moins par une compagnie locale ou une association de théùtre. Oui, il faudra dĂ©jĂ ĂȘtre trĂšs bon avant mĂȘme dâĂȘtre formĂ©. Et dois-je mentionner que vous ne devez pas avoir atteint vos 27 ans ? Une autre voie par laquelle arriver Ă cette carriĂšre est la formation classique hypokhĂągne khĂągne, puis Ă©tudes littĂ©raires poussĂ©es et thĂšse que personne ne lira sauf votre directeur de thĂšse et encore. Ensuite, vous ferez des stages, et Ă force de turbinage du cerveau et de soumission Ă la grosse machine acadĂ©mique, vous finirez par acquĂ©rir un tampon CONFIANCE » sur votre nom, et enfin, vous pourrez finir par prĂ©tendre devenir ce que vous vouliez devenir, si jamais vous vous en souvenez encore. Voir lâinterview dâAgnĂšs Terrier. Evidemment, si vous nâhabitez pas dans une grande ville, et que vous nâavez pas papa et maman derriĂšre pour financer ce long parcours, vous pouvez vous coller vos grands espoirs de dramaturge lĂ oĂč la dignitĂ© fait place Ă plus de pragmatisme. Une autre option pour vous ne pleurez pas Si vous faites vous-mĂȘme du stand-up, et que vous vous ĂȘtes fait reconnaĂźtre par les scĂšnes ouvertes, votre chaĂźne Youtube, et que vous commencez Ă avoir votre petit public, vous pourrez aussi proposer vos talents dâĂ©crivain de sketches aux autres artistes de stand-up. LĂ , votre talent disputera Ă la famine, et vous nâaurez pas beaucoup dâautres refuges que lâalcool et la pensĂ©e positive. Ăcrire pour aider Ăcrivain public LâĂ©crivain public rĂ©dige les courriers administratifs pour les personnes maĂźtrisant mal lâĂ©crit. Câest avant tout un mĂ©tier social, qui nĂ©cessite Ă la fois des compĂ©tences en français, et au niveau juridique. Vos clients seront souvent des personnes dans une situation financiĂšre ou sociale prĂ©caire, et auront besoin de vos talents pour obtenir des aides, au niveau financier ou juridique, et vous devrez faire preuve dâempathie, dâĂ©coute, et dâingĂ©niositĂ©. Il vous faudra connaĂźtre certains rouages et conventions des administrations, afin de rĂ©diger les courriers les plus convaincants. Vos clients ne vous apporteront pas de quoi manger si vos courriers nâont pas fonctionnĂ© pour eux. Ce nâest pas un travail en one shot ». Mais si vous arrivez Ă attirer lâattention dâune prĂ©fecture, la bienveillance de la sĂ©curitĂ© sociale ou de la CAF, vous pourriez bĂ©nĂ©ficier dâun bouche Ă oreille consĂ©quent, et attirerez une clientĂšle importante, en flux constant. Vous pouvez vous former ici Ăcrire pour protĂ©ger Ăcrivain juridique Ce mĂ©tier, qui sâapparente Ă lâĂ©crivain public, nâexiste pas actuellement en tant que tel. Câest donc un terme que jâai inventĂ©. Pourquoi ce mĂ©tier nâexiste pas ? Ă cause de la grande secte des avocats et conseillers juridiques. Vous voulez un conseil juridique ? La loi interdit formellement Ă toute personne qui nâest pas assermentĂ©e de donner des consultations juridiques ou de rĂ©diger des actes juridiques. De maniĂšre synÂthĂ©ÂtiÂque, la loi disÂtinÂgue le conseil et lâinformation juriÂdiÂques 1. La difÂfuÂsion en matiĂšre juriÂdiÂque de renÂseiÂgneÂments et inforÂmaÂtions Ă caracÂtĂšre docuÂmenÂtaire est libre art. 66â1 2. La dĂ©liÂvrance de conseils juriÂdiÂques est perÂmise de maniĂšre trĂšs resÂtricÂtive. Donc, si je reformule Vous avez le droit de donner des informations sur la loi et les textes de loi, Ă tout le monde, de maniĂšre libre. Vous avez donc aussi le droit dâexpliquer et reformuler avec des mots simples ces textes de loi pour quâils soient bien compris. Vous nâavez pas le droit de donner des conseils. Et enfin, vous avez le droit de rĂ©diger des courriers, mais pas des actes juridiques un testament, une procĂ©dure de divorce, des statuts dâentrepriseâŠ. Câest Ă dire que vous pouvez trĂšs bien, si vous vous y connaissez un peu en droit, ou que vous avez frĂ©quentĂ© intensivement les administrations et en connaissez bien les rouages, rĂ©diger des courriers pour les personnes qui veulent faire reconnaĂźtre leurs droits. Et jâentends ici les courriers en lettres recommandĂ©es, qui jouent sur la rĂ©ussite dâune plainte, ou la protection des droits. Si une personne vient vous trouver et vous dit Jâai mon propriĂ©taire qui veut me mettre dehors », vous pouvez Lui donner les textes de lois qui la protĂšgent, sans interfĂ©rer sur son choix. Lui expliquer clairement ce que signifient ces textes de lois. RĂ©diger ensuite un courrier pour ce dit propriĂ©taire, avec les articles de loi prĂ©cĂ©demment citĂ©s mentionnĂ©s, sur lâinitiative du client. Si le client vous demande Quâest-ce que je dois faire selon vous ? », votre tĂąche sâarrĂȘte lĂ , vous devez impĂ©rativement lui rappeler que vous nâavez pas le droit de donner un conseil. Faites attention, cela pourrait se retourner contre vous. Si quelquâun est en train de prendre une dĂ©cision, qui, selon vous pourrait se retourner contre elle, vous pouvez trĂšs bien lui conseiller de bien relire ces 2 lois dont vous avez parlĂ© prĂ©cĂ©demment, quitte Ă les lui rĂ©expliquer, en vous assurant quâelle a bien compris les diffĂ©rentes consĂ©quences de ses choix possibles. Mais les gens savent en gĂ©nĂ©ral trĂšs bien ce quâils veulent, et trĂšs souvent, ce qui leur manque, ce sont les infos, et les compĂ©tences. Ăcrire pour les touristes RĂ©dacteur de guide Il nâexiste pas non plus de rĂ©elle dĂ©nomination pour ce job. Les guides emploient des rĂ©dacteurs ou des journalistes, et ils sont bien souvent payĂ©s au lance-pierre. Lorsque vous rĂ©digez pour des guides, votre job consistera Ă vous rendre dans les diffĂ©rents endroits de la planĂšte pour recenser les hĂŽtels et restaurants et rĂ©diger sur ces derniers. Ne croyez pas que vous allez prendre le temps de dĂźner et dormir dans chaque endroit. Ce sera plutĂŽt de la visite au pas de course 12 hĂŽtels en 1 jour, et du blabla fait autour de ce que vous avez cru percevoir de lâendroit. De lâarnaque les guides ? Noooon. VoilĂ pourquoi je vous suggĂšre plutĂŽt de procĂ©der de la maniĂšre suivante Vous avez envie de devenir blogueur en mode nomade digital ? Explorez un pays en profondeur, pendant 4 mois par exemple, et devenez une rĂ©fĂ©rence avec votre blog pour savoir comment faire ça et concurrencer les autres blogs de voyage, il vous faudra suivre ma formation blogging. Vous citerez les restaurants et hĂŽtels que vous avez aimĂ©s. Une fois que votre blog sera reconnu pour cette destination, passez 2 mois Ă retourner voir vos endroits prĂ©fĂ©rĂ©s, et montrez-leur ce que vous avez dĂ©jĂ Ă©crit. Proposez-leur un partenariat vous laissez le lien que vous avez dĂ©jĂ mis, et vous les rĂ©fĂ©rencez sur votre annuaire » de restaurants et hĂŽtels. Vous pouvez crĂ©er un petit moteur de recherche avec lieu, nombre de chambres, etc grĂące au plugin Toolset, et Ă son composant Views par exemple. Et vous leur demandez de payer un montant chaque mois pour apparaĂźtre dans votre guide. Vous passez au pays suivant, et soit, vous avez créé un blog avec une catĂ©gorie pour chaque pays, soit vous recrĂ©ez un blog, etc. Attention Ă bien dissocier votre vie professionnelle de votre vie personnelle, ce qui nâest pas forcĂ©ment Ă©vident en voyage, comme lâexplique Benjamin sur son blog. Ăcrire pour adapter Transcripteur Il existe de multiples supports Ă transcrire, et si vous optez pour ce domaine, vous ne manquerez pas de travail. Le plus dur sera de promouvoir votre activitĂ©, sur les plateformes, en envoyant des mails personnalisĂ©s, en crĂ©ant votre site, etc. NâhĂ©sitez pas Ă bien lire ce blog, vous y trouverez de nombreuses pistes. Que pouvez-vous transcrire ? Des supports audios Des vidĂ©os Du braille Le langage des signes LâaccessibilitĂ© DYS dyslexie, dyscalculie, etc Voici des conseils concrets pour vous lancer en tant que transcripteur sur le blog croquefeuille. et quelques conseils ludiques sur le blog petitargentjobonline. Si vous souhaitez devenir fonctionnaire, et travailler pour lâaccessibilitĂ© des sites et documents administratifs et scolaires braille, DYSâŠ, vous devrez faire une formation sur 2 ans de transcripteur-adapteur. Attention Ă ne pas vous retrouver dans un guet-apens comme François Cluzet dans La mĂ©canique de lâombre. đ Ăcrire pour le cinĂ©ma ScĂ©nariste Vous ĂȘtes passionnĂ© de cinĂ©ma, et possĂ©dez une imagination dĂ©bordante Ă la limite de la mythomanie ? Ăcrivez des scĂ©narios ! Les sĂ©ries tĂ©lĂ© » quâon regarde sur Netflix ou quâon tĂ©lĂ©charge D, explosent, et sâil y a un mĂ©tier qui est aujourdâhui en expansion, câest bien celui-ci ! Les producteurs sont Ă la recherche permanente de nouvelles histoires, de nouvelles intrigues, et repoussent sans cesse les limites de lâoriginalitĂ©. Si vous nâavez pas les moyens de vous former dans une Ă©cole de cinĂ©ma, faites-vous connaĂźtre en rĂ©digeant des scĂ©narios pour des projets amateurs, sur le web, si vous vous sentez lâenvie de rĂ©aliser, rĂ©alisez vous aussi les films dont vous avez construit le scĂ©nario, et participez Ă des concours de scĂ©narios. NâhĂ©sitez pas Ă entrer en contact avec des boĂźtes de production, et Ă leur envoyer vos scĂ©narios sous forme de synopsis, avec un extraitâŠ, Ă leur proposer de scĂ©nariser des projets sur le long terme⊠Ressources Les 2 incontournables, mais en anglais mettez vous Ă lâanglais !! Writerâs Journey de Christopher Vogler Livre obligatoire dans les Ă©coles de scĂ©naristesâŠAlexandre Astier est devenu connu grĂące Ă lui et Power screenwriting The 12 Steps of Story Developpement de Michael Chase Walker Son livre est donnĂ© Ă lire aux scĂ©naristes dans les grands studios hollywoodiens. Vous trouverez pas mal de rĂ©ponses Ă vos questions sur le blog Devenez scĂ©nariste. Cet article vous explique comment mettre en page un scenario Celtx, un outil gratuit vous permet de rĂ©diger facilement. Les scĂ©narios des grands films, Ă acheter utile si vous souhaitez Ă©crire un film dans le mĂȘme esprit que⊠Il mâa fallu un certain temps pour dĂ©finir quels ouvrages jâallais vous proposer en rĂ©fĂ©rence. Il en existe tellement, et beaucoup sont trĂšs bons ! Mais jâai fini par poser mon choix sur les 3 suivants Power screenwriting The 12 steps of story developement, de Loane Eagle. Ce livre est lâun des outils quâa utilisĂ© par Alexandre Astier pour Ă©crire sa sĂ©rie Kaamelott. Ăcrire un scĂ©nario pour le cinĂ©ma, de Frank Haro. Ce livre est bourrĂ© dâenseignements basĂ©s sur des exemples concrets, qui vous aideront Ă bĂątir une bonne histoire. Anatomie du scĂ©nario, de John Truby. Ce dernier vous apprend Ă structurer vos idĂ©es selon un plan prĂ©cis, et met pas mal lâaccent sur la rĂ©daction de scĂ©narios pour les sĂ©ries tĂ©lĂ©, ce qui me semble indispensable Ă connaĂźtre aujourdâhui. Et nâoubliez pas que vous pouvez aussi Ă©crire pour les dessinateurs, en devenant scĂ©nariste de bandes-dessinĂ©es ! Ăcrire pour diffuser AttachĂ© de presse LâattachĂ© de presse est un peu le journaliste promotionnel de la boĂźte. Câest lui qui est chargĂ© de communiquer sur lâentreprise aux diffĂ©rents mĂ©dias. Vous devrez savoir rĂ©diger un communiquĂ© de presse adaptĂ© aux journalistes, et crĂ©er des dossiers de presse communiquĂ© de presse amĂ©liorĂ© avec des illustrations, des annexes, le tout mis en forme par une maquette pour tous les mĂ©dias qui auraient besoin de sujets Ă traiter dans le secteur de lâentreprise. Vous souhaitez vous former pour ĂȘtre employĂ© dans une entreprise ? Vous devrez avoir au minimum un bac+3, BTS en communication+ licence, et une ou deux annĂ©es en Ă©cole de commerce/management sera un gros plus. En savoir plus sur la formation pour devenir attachĂ© de presse. Sinon, vous pouvez vous former Ă la contentologue p, et proposer vos services de dossiers et communiquĂ©s de presse en freelance. Ouvrages pour se former RĂ©ussir ses relations presse, de Ălodie Cally Les Relations presse Comment communiquer avec le public grĂące aux mĂ©dias, de Jean-NoĂ«l Nouteau Les relations presse Ă lâheure du digital, de Marie-Laure Laville Articles indispensables Ă potasser Comment rĂ©diger un dossier de presse efficace Article dĂ©taillĂ© pour Ă©crire un communiquĂ© de presse CrĂ©er un communiquĂ© pour une confĂ©rence de presse Gagner de lâargent en Ă©crivant des emails ChargĂ© de campagnes emailing Voici un job qui a beaucoup dâavenir, Ă©tant donnĂ© le nombre croissant de personnes qui se lancent sur internet et ont besoin de promouvoir leur produit par le biais dâune newsletter. Il est traditionnellement admis quâ1 abonnĂ© = 1⏠par moisâŠ.Dans la mesure oĂč vous enverrez suffisamment dâemails. Mais gĂ©rer son site, son blog, sa communication et le service aprĂšs-vente du produit nâest pas de tout repos. Câest pourquoi je pense que se lancer en tant que chargĂ© de campagnes emailing en freelance est tout Ă fait envisageable, sans passer par la case rĂ©dacteur web ». Vous pouvez donc tout Ă fait lancer votre blog et promouvoir vos services pour la rĂ©daction dâemails exclusivement. Il faudra donc vous former au copywriting voir ci-dessus Copywriter », et au marketing dâemails. ConnaĂźtre les outils de gestion de mailing-list sera Ă©videmment indispensable. Vous pouvez par exemple lire ici un grand guide pour lâemailing, dont un tuto Aweber complet. Vous pourrez aussi opter pour le salariat, mais prĂ©voyez tout de mĂȘme un job assez rĂ©pĂ©titif, dans la mesure oĂč vous nâaurez Ă vendre quâun nombre restreint de produit, suivant une stratĂ©gie commerciale prĂ©cise le champ crĂ©atif sera donc assez restreint. Le cĂŽtĂ© positif rĂ©side dans le besoin du marchĂ© ce nâest pas un secteur bouchĂ©, ça ne risque pas de le devenir, et vous nâaurez aucune difficultĂ© Ă trouver un job dans ce domaine. Qui plus est, si jâen crois lâafflux constant de newsletters effroyablement nulles que je reçois des sites e-commerce, sans avoir de compĂ©tences marketing trop dĂ©veloppĂ©es⊠NĂ©anmoins, si vous avez le goĂ»t du travail bien fait, et la passion du marketing, et que vous nâavez aucune ambition de devenir chef dâentreprise, je vous conseille de suivre, en plus de votre fac et Ă©cole de commerce quasi-inutile, les nombreux blogs de marketing français et amĂ©ricains sur la rĂ©daction dâemails qui vendent vraiment. Je vous conseille et Lifestylers pour changer D Kopywritingcourse gĂ©nial Socialtrigger abonnez-vous aux emails de Derek, vous allez apprendre en bavant dessus, les observant Ăcrire pour animer Animateur dâateliers dâĂ©criture Si vous avez dĂ©jĂ rĂ©digĂ© des ouvrages, publiĂ©s ou non, que vous ĂȘtes reconnu au moins par une communautĂ© restreinte, que ce soit vos lecteurs de blog, ou le milieu dâĂ©crivains que vous frĂ©quentez, soirĂ©es poĂ©sies, lecture, slamâŠ, vous avez la possibilitĂ© de gagner facilement votre vie en animant des ateliers dâĂ©criture. Pourquoi ? Parce que les personnes qui Ă©crivent le font pour ĂȘtre lues, reconnues. Et lâambiance des ateliers dâĂ©critures leur permet de se livrer, de montrer leur crĂ©ativitĂ© sans jugement. Elles ne sont pas lĂ pour gagner leur vie, elles veulent quâon les Ă©coute, quâon les applaudisse, quâau moins une personne leur dise Câest trĂšs intĂ©ressant ce que tu fais » ou Jâai bien aimĂ© quand tu as dit⊠». On est loin de lâexigence personnelle, du dĂ©fi, du projet dâentreprise. Ce ne sont pas des cours, ce sont des rĂ©crĂ©ations pour les Ăąmes dâartistes malmenĂ©es par la vie. Ce nâest vraiment pas difficile. Enfin, je mâentendsâŠsi vous possĂ©dez dĂ©jĂ certaines compĂ©tences CrĂ©ativitĂ© il vous faut ĂȘtre passionnĂ©, et inventer sans cesse de nouvelles ressources. SociabilitĂ© si vous avez une grosse tendance Ă la misanthropie, devenez plutĂŽt dĂ©veloppeur web. TolĂ©rance certains parlent trop, dâautres pas du tout, certains Ă©crivent des trucs trĂšs nuls et trĂšs longs D. Faut Ă©couter jusquâau bout. En souriant. Gestion de groupe Les adultes sont comme les enfants, ils aiment bien papoter, y compris quand ce nâest pas le moment. Les Ă©gos sont parfois en rĂ©bellion avec lâordre Ă©tabli nâimporte quel ordre, mĂȘme celui de sâasseoir en rond comme tout le monde. Il faut gĂ©rer lâaccueil, les pauses, etc. Cette derniĂšre compĂ©tence pouvant sâapprendre avec une petite formation ou un stage. Il existe beaucoup dâexercices tout fait pour animer des ateliers, et vous pourrez bien-entendu piocher dedans, comme dans ce fabuleux ouvrage de Faly Stachak, regroupant pas moins de 350 exercices dâĂ©criture amusants. Mais il faudra aussi inventer les vĂŽtres ! Si vous dĂ©butez totalement dans ce domaine, vous pouvez vous former Ă lâanimation dâateliers dâĂ©criture DiffĂ©rentes formations professionnalisantes. DU animateur dâateliers dâĂ©criture Ăcrire pour enseigner Auteur dâebooks didactiques Que ce soit pour les vendre sur votre blog, grĂące Ă un funnel sur plusieurs jours, ou avec une simple page de vente, rĂ©diger des ebooks dont votre cible aura rĂ©ellement besoin vous permettra de gagner votre vie. Mais attention, il vous faudra maĂźtriser le copywriting et le rĂ©fĂ©rencement. Si vous nâavez jamais bloguĂ©, et que vous ne dĂ©sirez pas vous lancer dans la longue entreprise de crĂ©er un blog, je vous conseille de vous lancer directement avec une page de vente que vous promouvrez par de la publicitĂ©. Pour ĂȘtre certain de vendre vos ebooks, il vous faudra connaĂźtre parfaitement votre cible et votre marchĂ©. Pour cela, Ă©crivez Ă 200 personnes, ou faites un sondage, et demandez Ă ces personnes quel est le problĂšme principal quâils rencontrent dans la thĂ©matique que vous avez choisie. Vous aurez dâune part, les sujets Ă traiter pour vos ebooks, et dâautre part, les bons titres et les bonnes accroches, grĂące au verbatim utilisĂ© par vos sondĂ©s. Bien-entendu, il vous faudra rĂ©diger un contenu de qualitĂ©, histoire dâavoir de bons commentaires, de bons retours, voire mĂȘme du bouche Ă oreilles et des liens. Ce contenu devra rĂ©pondre prĂ©cisĂ©ment au problĂšme de votre cible, et se diviser en catĂ©gories. Il nây aura plus quâĂ remplir les cases. Inutile de faire du balzac, dites juste ce que vos clients ont besoin de savoir. Pensez Comment puis-je encore mieux aider la personne Ă rĂ©soudre ce problĂšme prĂ©cis ? ». Ressources Un excellent article dâAndrĂ© de Traficmania 5 mĂ©thodes simples pour une page de vente attractive. Pleins de pistes pour vendre ses ebooks sur Un podcast dĂ©diĂ© Ă Julien, qui vend ses ebooks par le biais de son blog. Ăcrire pour Amazon Auteur numĂ©rique Il sâagit de la mĂȘme chose que pour les ebooks didactiques, mais en vous concentrant uniquement sur Amazon. Le but Ă©tant de vous rĂ©fĂ©rencer sur les bons mots-clĂ©s. Si votre cible cherche plutĂŽt Comment rĂ©duire le stress » et que vous avez Ă©crit Comment ĂȘtre zen ? », câest ratĂ©. Alors, regardez bien les Amazon suggests ! Pour rĂ©ussir Ă atteindre le top dans la recherche, il faut avoir des commentaires. Pour cela, offrez votre ebook pendant 15 jours proposĂ© directement par Amazon, en demandant Ă tous vos rĂ©seaux de bien vouloir le commenter, mais aussi en le rappelant Ă la fin de votre livre. Essayez dâĂ©crire le plus dâebooks possibles sur des niches ciblĂ©es prĂ©fĂ©rez Ă©crire plusieurs trĂšs petits ouvrages Ă 3âŹ, plutĂŽt quâun seul gros Ă 30âŹ. Attention, sur Amazon, le commentaire est roi veillez Ă ce que mĂȘme votre petit contenu possĂšde une rĂ©elle valeur ajoutĂ©e. Il faudra maĂźtriser parfaitement le sujet que vous traiterez. Ressources Une petite vidĂ©o sympathique pour apprendre Ă vendre un ebook sur Amazon Un article complet sur la promotion Amazon Un trĂšs bon ouvrage Comment vendre son livre sans faire le tapin, de Mohamed Mouras. Un article au titre racoleur et pourtant bien plaisant Ă lire, du sulfureux Tim Ferris. Ăcrire des chansons Parolier Vous ĂȘtes douĂ© pour mettre vos pensĂ©es en rythme et en rimes ? Proposez un couplet Ă 5⏠sur Fiverr, hantez les forums de musique, contactez les Ă©diteurs ayant accĂšs Ă un gros catalogue dâartistes. NâhĂ©sitez pas non plus Ă entrer en contact avec ceux que vous rĂȘvez entendre chanter vos mots ! Il est peu probable que vous arriviez rapidement Ă gagner votre vie et uniquement avec ce job. Câest un complĂ©ment pour les auteurs. Mais pourquoi pas rĂȘver un peu, surtout que câest un mĂ©tier qui existe, Ă part entiĂšre. Et si vous parvenez Ă dĂ©crochez un contrat avec une future star de The voice, ce sont des droits dâauteurs pour la vie⊠Quelques liens Comment Ă©crit-on une chanson ? Le dico des rimes Un livre sur lâart dâĂ©crire des chansons Ăcrire un chanson, de Robert LĂ©ger. Un livre sur le mĂ©tier de parolier Un auteur chantĂ© nâest pas forcĂ©ment entendu ni payĂ©, de StĂ©phane Ternoise. Alors, cet article vous a donnĂ© envie dâĂ©crire jâespĂšre ? NâhĂ©sitez pas comme dâhabitude Ă me poser vos questions dans les commentaires et Ă partager cet article Ă vos amis qui rĂȘvent de vivre de leurs Ă©crits. Sophie Gauthier vous apprend Ă Ă©crire et Ă vivre de vos Ă©crits. Articles, livres, romans, pages de vente dĂ©couvrez comment rĂ©diger et devenir un pro de la plume ! Vertalingenvan het uitdrukking L'ENFANT APPREND van frans naar nederlands en voorbeelden van het gebruik van "L'ENFANT APPREND" in een zin met hun vertalingen: L'enfant apprend Ă©galement qu'il y a de. Prendre confiance en soi n'est pas une Ă©vidence pour tous. Pour certains enfants, il faut parfois recevoir des gestes et entendre des paroles qui les aideront Ă acquĂ©rir cette confiance et Ă oser aller de l'avant. Comment aider nos enfants Ă prendre confiance en eux ? StĂ©phanie Fourneraut*, psychologue pour enfant nous livre ses astuces pour aider nos petits et pour donner quelques repĂšres aux parents dĂ©semparĂ©s par des enfants peu sĂ»rs d' la confiance en soi vient-elle aux enfants ?La confiance est un sentiment qui sâacquiert dĂšs la naissance dans les interactions prĂ©coces entre un bĂ©bĂ© et ses parents. Le portage, la sĂ©curitĂ©, le regard rassurant du parent sur son enfant lui permet de se sentir en sĂ©curitĂ© et de pouvoir se lancer dans les apprentissages de la vie avec confiance. Tout se construit dans les liens dâattachement avec le au long de lâenfance, la confiance en soi va continuer Ă se construire dans les interactions familiales mais aussi dans les interactions sociales. Comment reconnaĂźtre un enfant qui n'a pas confiance en lui ?Un enfant qui nâa pas confiance en lui peut ĂȘtre un enfant qui se dĂ©valorise "je suis nul", "je suis bĂȘte" qui ne sent pas capable de faire peut ĂȘtre en classe, lâenfant a peur de participer, de se tromper, il doute de ses capacitĂ©s ou bien avec ses camarades, il a peur dâaller vers peut aussi ĂȘtre complexĂ©, "je suis moche" "je suis trop gros". Câest un enfant qui nâose pas. Il nâose pas participer en classe, pratiquer une nouvelle activitĂ©, aller vers les autres...5 choses Ă Ă©viter de faire ou de dire Ă un enfant qui manque de confiance en lui Eviter les moqueries et les critiques personnelles "tu es nul", "tu es mĂ©chant" ....Mais plutĂŽt contourner en expliquant que ce quâil a fait nâest pas bien ou est un geste de mĂ©chancetĂ© "le travail que tu as fait est mauvais" "ce que tu as fait n'est pas gentil". C'est l'acte qui est rĂ©prĂ©hensible, pas l'enfant. Eviter les attentes trop Ă©levĂ©es, avec des objectifs qui pourraient ĂȘtre impossible Ă atteindre pour lâenfantâ mais plutĂŽt lui fixer des objectifs progressifs en fonction de son Ăąge et donc de ce quâil est capable de faire.â Eviter de le surprotĂ©ger et de lui faire peur "tu vas tomber", "tu vas te faire mal". ... Mais en revanche le protĂ©ger lâencourager lorsquâil apprend Ă faire du vĂ©lo ou du roller en lui mettant un casque. Essayer de ne pas transmettre notre manque de confiance car lâenfant est dans lâimitation et dans lâidentification. ... A nous de nous forcer un peu pour lui montrer l'exemple. A contrario, avoir des parents trop sĂ»rs dâeux met la barre trĂšs trop haute, et donne lâimpression de ne jamais pouvoir ĂȘtre Ă la hauteur. ... Dans un sens comme dans l'autre, attention Ă l'image que vous renvoyez Ă vos choses Ă faire pour aider un enfant Ă se sentir bien dans sa peau et donc Ă avoir confiance en lui, il est important - De souligner ce qui est bien. - De relĂącher la pression que l'on met sur ses Ă©paules. - Dâessayer dâĂȘtre optimiste. - De renvoyer une image positive. - D'autonomiser l'enfant et de le responsabiliser tout en le contrĂŽlant. Par exemple Aidez-le Ă apprivoiser lâheure de la douche. Pour un tout petit, versez-lui du produit de douche doux - prĂ©fĂ©rez un produit bio et hypoallergĂ©nique comme le gel Natural Caresse Rose Bio de Cadum - dans sa main et laissez-le se savonner seul. Gardez tout de mĂȘme un Ćil afin quâil nâoublie pas trop de petits recoins. FĂ©licitez-le. Ensuite, aidez-le Ă se rincer. Petit Ă petit, il apprendra Ă se rincer seul jusquâĂ atteindre une autonomie totale dans quelques annĂ©es quand il maĂźtrisera aussi le lavage et rinçage de Aidez-le Ă se confronter aux autres. Pour un enfant un peu plus grand laissez-le acheter le pain en lâattendant devant la boulangerie puis attendez-le au coin de la rue et enfin, quand il sera prĂȘt, laissez-le y aller seul. On a tendance en tant que parents Ă dire ce qui ne va pas Ă nos enfants, il est nĂ©cessaire pour leur donner confiance en eux, de leur dire ce qui va bien, de souligner quâils ont Ă©tĂ© sages, serviables, agrĂ©ables, quâils ont bien travaillé⊠de leur dire quâon est fier dâeux. Toutefois il ne faut pas en faire trop et laisser croire Ă un enfant que tout ce quâil fait est merveilleux, magnifique, il est nĂ©cessaire dâĂȘtre objectifs et de lui faire autant de compliments que de critiques surtout, ne jamais lui laisser entendre qu'on risque de ne plus l'aimer s'il fait une bĂȘtise ou a de mauvaises notesEncourager les enfants, les valoriser, leur renvoyer une bonne image dâeux-mĂȘmes, avoir un regard bienveillant et aimant permet de leur donner confiance en jeux pour aider un enfant Ă prendre confiance en lui ?Moi tout seulCapâPour prĂ©parer le jeu dĂ©coupez des petits papiers et Ă©crivez un petit dĂ©fi sur chacun dâeux. Commencez par des dĂ©fis simples et rĂ©alisables par votre enfant suivant son Ăąge et ses capacitĂ©s faire une grimace terrifiante, traverser le salon les yeux fermĂ©s, Ă©crire son prĂ©nom en changeant de couleur Ă chaque lettre⊠Lâenfant tire un petit papier et rĂ©alise le dĂ©fi avec ou sans aide. Pour rendre la partie encore plus intĂ©ressante, proposez aussi Ă votre enfant de crĂ©er des dĂ©fis que vous tenterez de rĂ©aliser ce qui risque dâĂȘtre beaucoup plus amusant mais aussi beaucoup plus compliquĂ©âŠpour vous. Votre enfant verra que parfois on y arrive, parfois pas mais que ce nâest de toutes les façons pas une le peuxIl existe Ă©galement des jeux spĂ©cialement prĂ©vus pour aider les enfants qui manquent de confiance en eux comme Jâaide mon enfant Ă avoir confiance en lui ». Dans ce jeu il pourra mimer ses Ă©motions, exprimer ses qualitĂ©s ainsi que faire un grand nombre dâactivitĂ©s qui lui feront croire en ses partir de quand faut-il consulter ?Les petits signes du manque de confiance dĂ©valorisation, doute, peur d'aller de l'avant et de tenter de nouvelles expĂ©riences doivent alerter les parents qui se montreront alors plus vigilants et plus Ă l'Ă©coute de leur lâenfant fait des crises dâangoisse, ou des colĂšres, refuse dâaller Ă lâĂ©cole, se replie sur lui-mĂȘme, n'hĂ©sitez pas Ă consulter un Ă StĂ©phanie Fourneraut*Psychologue Clinicienne pour enfants elle reçoit dans son cabinet du 14Ăšme arrondissement de Paris. Nousavons donc a apprendre Ă se protĂ©ger, Ă ne jamais croire quiconque pense dĂ©tenir une autoritĂ© sur notre conscience. Lorsqu'on a crevĂ© le plafond des bisounours spirituels on cesse de croire que l'esprit se manifeste uniquement par la Parole aux premiers stades de la Fusion."Les enfants souhaitent apprendre le français avec leurs parents. Ils leur obĂ©issent." Voici un point difficile de la langue française faut-il Ă©crire "leur" au singulier ou "leurs" au pluriel. Il n'est pas toujours facile de distinguer les trois cas d'usage selon que "leur" est un pronom ou un adjectif possessif. On vous explique tout dans cet article. On Ă©crit leur » ou leurs » ? Quand "leur" est un pronom personnel "leur" est un pronom personnel lorsqu'il est placĂ© devant un verbe dont il devient le complĂ©ment d'objet indirect. Dans ce cas, "leur" est invariable. Lorsqu'il est un pronom personnel, "leur" Ă eux, Ă elles » est tout simplement le pluriel de "lui" Ă lui, Ă elle ». Exemples Elle leur a servi le cafĂ© comme les autres jours. Bernanos, M. Ouine, 1943 Avant de les faire cuire, elle leur ĂŽte le gĂ©sier. Giono, Regain, 1930 Et avec ses outils ses fils hĂ©riteront, ses enfants hĂ©riteront. Ce qu'il leur a donnĂ©, ce que nul ne pourrait leur ĂŽter. PĂ©guy, Porche Myst., 1911 Quand "leur" est un pronom possessif dans ce cas, "leur" est prĂ©cĂ©dĂ© et dĂ©terminĂ© par un article la, le, les ». Il s'accorde alors en nombre avec l'article qui le prĂ©cĂšde, mais jamais en genre. Il sera donc toujours au masculin. Cette forme se rĂ©sume Ă trois variantes le leur, la leur, les leurs et aux contractions avec les prĂ©positions "Ă " et "de" au leur, aux leurs, du leur, des leurs. Recevez nos nouveaux articles par courriel Inscrivez-vous Ă notre lettre d'information hebdomadaire pour recevoir tous nos nouveaux articles, gratuitement. Vous pouvez vous dĂ©sabonner Ă tout moment. Exemples Maintenant, moi, j'ai fait mon devoir; voyons si les autres feront le leur. Meilhac, HalĂ©vy, Froufrou,1 869 Nos gĂ©nĂ©raux et nos Ă©tats-majors ne le cĂšdent en rien aux leurs. De Gaulle, MĂ©moires de guerre, 1954 Mon frĂšre, mon frĂšre, la malĂ©diction de nos enfants est Ă©pouvantable; ils peuvent appeler de la nĂŽtre , mais la leur est irrĂ©vocable. Balzac, E. Grandet, 1834 Quand "leur" est un adjectif possessif lorsque "leur" est placĂ© devant un nom, il indique Ă qui appartient l'Ă©lĂ©ment reprĂ©sentĂ© par le nom. Dans ce cas, on accorde en nombre avec le nom et jamais en genre, Ă l'instar d'autres dĂ©terminants comme son/sa/ses qui ont la mĂȘme fonction lorsqu'il n'y a qu'un possesseur. Une astuce consiste Ă se dire qu'on est en prĂ©sence d'un adjectif possessif si on peut le remplacer par "ce", "cette" ou "ces". Exemples Ils partageraient leur temps entre la rĂ©daction de leur livre, le jardinage et la peinture murale. Simone de Beauvoir, Mandarins,1954 Ils oublient tout, tout au monde, leur maison, leur famille, leurs enfants, leurs affaires, leurs soucis pour regarder dans les remous ce petit flotteur qui bouge. Maupassant, Contes et nouvelles, t. 1, Jour de fĂȘte, 1886 Exiger qu'on pousse Ă leurs derniĂšres consĂ©quences les hĂ©rĂ©sies qui les avaient dĂ©trĂŽnĂ©s. Renan, Avenir sc., 1890 Vous savez dĂ©sormais quand mettre "leur" au singulier ou au pluriel, selon qu'il est un pronom ou un adjectif. Rappelez-vous que pour ce genre de rĂšgles grammaticales, la lecture rĂ©guliĂšre de la littĂ©rature francophone vous permettra de ne plus faire de faute d'orthographe. Amusez-vous Ă y dĂ©nicher les diffĂ©rents usages des pronoms et adjectifs ! Pour soutenir notre travail, vous pouvez aussi partager cet article et laisser un commentaire.
1 Vous pensez que vous nâĂȘtes pas faite pour faire rire les autres. 2. Vous pensez quâil est difficile de crĂ©er des relations lorsquâon nâest pas capable de faire rire. Ces deux croyances, vous pouvez les remettre en question, car elles ne sont pas forcĂ©ment vraies Ă vie ni dans toutes les situations. Emmanuel Moire DurĂ©e 0308 Auteur Yann GuillonCompositeur Emmanuel Moire Paroles Je n'ai jamais su te le dire J'ai mĂȘme pensĂ© Ă te l'Ă©crire Mais je reste silencieux Ă n'avertir que tes yeux Je n'ai jamais su te le dire OĂč commencer, oĂč en finir? Je m'arrĂȘte au beau milieu Point final aprĂšs le "Je" Je n'ai jamais su te le dire Tu sais je descends d'un navire OĂč l'on apprend, c'est curieux Ă ne faire que des adieux Je n'ai jamais su te le dire Quand c'est toi qui vient me l'offrir Je rĂ©ponds, faute de mieux "Moi aussi tu sais bien que..." Je te donne ce que j'ai de pire Ma parole qui ne veut rien dire Fais lui dire ce que tu veux Fais la passer aux aveux Elle qui n'a jamais su le dire Elle se permet de me mentir Ma parole m'a jurĂ© que Certains mots sont dangereux Elle qui n'a jamais su le dire Elle qui ne sait que me trahir Ma parole fait ce qu'elle peut Pour se taire entre nous deux Pour qu'un jour je puisse te le dire Je pourrais soudain me guĂ©rir Un moment simple et heureux Une main dans tes cheveux Pour qu'enfin je puisse te le dire En trois mots sans me l'interdire DĂ©poser lĂ dans le creux De ton oreille mon aveu EMMANUEL MOIRE, YANN GUILLON Warner Chappell Music, Inc. Accordezvous chaque jour au moins 10 minutes pour vous reconnecter Ă vos pensĂ©es, que ce soit grĂące Ă la mĂ©ditation, au yoga, Ă la lecture ou Ă la contemplation d'Ćuvres d'art. MĂ©thode 3 Surveiller les propos tenus sur internet 1 RĂ©flĂ©chissez avant d'Ă©crire. Mettez les prises de parole virtuelles sur le mĂȘme plan que celles de la vie rĂ©elle.1 Ce texte est une traduction du chapitre Writing A Method of Inquiry » de Laurel Richardson et El ... Comment donc les autrices et auteurs en sciences sociales perçoivent lâĂ©criture aujourdâhui ? Quâest-ce que lâĂ©criture peut faire de plus que tenter de reprĂ©senter ou de reflĂ©ter quelque chose dans le monde, quâune chercheuse ou un chercheur a dĂ©couvert » Ă lâissue dâune recherche empirique traditionnelle ? Le prĂ©sent essai montre que lâĂ©criture peut aussi constituer le lieu de la recherche, que la recherche survient dans la pensĂ©e quâĂ©veille lâĂ©criture au fil des phrases qui sâenchaĂźnent, les unes Ă la suite des autres â lentement, laborieusement, ou de maniĂšre prĂ©cipitĂ©e alors que les mots se bousculent sur la page. LâĂ©criture comme mĂ©thode, lâĂ©criture comme mode de pensĂ©e, est expĂ©rimentale et crĂ©ative. La personne qui Ă©crit se perd et est emportĂ©e par lâĂ©criture, dans lâĂ©criture ; elle devient avec le texte qui sâĂ©coule dans lâĂ -venir vers ce que nous sommes encore incapables de penser et dâĂȘtre. Nous encourageons les lectrices et lecteurs Ă Ă©crire pour interroger et imaginer le xxie siĂšcle en devenir. Nous sommes particuliĂšrement heureuses que notre travail1 ait Ă©tĂ© traduit en français et remercions Karelle Arsenault et Karine Bellerive de lui avoir permis de toucher de nouveaux publics. Laurel Richardson et Elizabeth Adams St. Pierre, mars 2022 2 NDT. Laurel RICHARDSON 1994, Writing A Method of Inquiry », dans Norman K. DENZIN et Yvonna S. ... 1Au cours de la derniĂšre dĂ©cennie, le milieu de lâethnographie sâest dĂ©ployĂ© Ă un point que nous nâaurions pu imaginer au moment dâĂ©crire ce chapitre pour la premiĂšre Ă©dition de ce recueil2. Dans une variĂ©tĂ© de disciplines mĂ©decine, droit, Ă©ducation, sciences humaines et sociales, des chercheuses et chercheurs qualitatifs ont depuis dĂ©couvert que lâĂ©criture comme mĂ©thode de recherche sâavĂšre une dĂ©marche fĂ©conde pour en apprendre sur elles-mĂȘmes et eux-mĂȘmes ainsi que sur leurs sujets de recherche. La littĂ©rature est vaste et variĂ©e. 2Ă la lumiĂšre de ces dĂ©veloppements, la nouvelle version de ce chapitre est divisĂ©e en trois parties. Dans la premiĂšre partie, Laurel Richardson prĂ©sente a les contextes historique et contemporain de lâĂ©criture scientifique, b le genre de lâethnographie analytique et crĂ©ative ainsi que c la direction quâa prise sa pratique au cours de la derniĂšre dĂ©cennie, notamment avec les rĂ©cits dâĂ©criture » et les collaborations qui traversent la division sciences humaines/sciences sociales. Dans la deuxiĂšme partie, Elizabeth St. Pierre analyse la maniĂšre dont lâĂ©criture en tant que mĂ©thode de recherche sâinscrit dans le dĂ©veloppement dâune Ă©thique de soi engagĂ©e dans lâaction sociale et la rĂ©forme sociale. Dans la troisiĂšme partie, Richardson offre aux chercheuses et chercheurs qualitatifs quelques pratiques et exercices dâĂ©criture. 3Tout comme ce chapitre reflĂšte nos propres processus et prĂ©fĂ©rences, nous espĂ©rons que vos Ă©critures sâengageront dans ce mĂȘme parcours. Plus nombreuses seront les voix diffĂ©rentes qui obtiennent une reconnaissance au sein de la communautĂ© qualitative, plus forte â et plus intĂ©ressante â sera la communautĂ©. Partie 1 Ă©criture qualitative Laurel Richardson 4Il y a 10 ans, dans la premiĂšre Ă©dition de ce recueil The SAGE Handbook of Qualitative Research, jâai avouĂ© avoir Ă©tĂ©, pendant des annĂ©es, assommĂ©e dâennui par bon nombre dâĂ©tudes qualitatives prĂ©tendument exemplaires. Jâai abandonnĂ© un nombre incalculable de textes Ă moitiĂ© lus, Ă moitiĂ© balayĂ©s du regard. Je commandais un nouvel ouvrage avec fĂ©brilitĂ© â le sujet mâintĂ©ressait, je voulais lire lâautrice, lâauteur â, pour finalement en trouver son texte soporifique. Lorsque jâai brisĂ© lâomerta, rĂ©vĂ©lant Ă des collĂšgues et Ă des Ă©tudiantes et Ă©tudiants ĂȘtre agacĂ©e par la plupart des Ă©crits qualitatifs, jâai dĂ©couvert une communautĂ© de personnes qui partageaient ce mĂ©contentement. Ces derniĂšres affirmaient lâune aprĂšs lâautre trouver la majoritĂ© des Ă©crits qualitatifs insipides â oui, insipides. 5Nous avions lĂ un sĂ©rieux problĂšme les sujets Ă©tudiĂ©s Ă©taient fascinants et essentiels Ă la recherche, mais les ouvrages qualitatifs nâĂ©taient pas suffisamment lus. Contrairement aux travaux quantitatifs, qui peuvent sâincarner dans des rĂ©sumĂ©s et des tableaux, les travaux qualitatifs, eux, ne font sens que dans leur texte tout entier. Ă lâinstar de lâĂ©crit littĂ©raire, que lâon ne peut rĂ©duire Ă sa quatriĂšme de couverture, le sens de la recherche qualitative ne peut sâexprimer par son seul rĂ©sumĂ©. Elle doit ĂȘtre lue, et non seulement parcourue rapidement ; son sens se rĂ©vĂšle au fil de la lecture. Il me semblait au mieux insensĂ©, au pire narcissique et totalement Ă©gocentrique, de passer des mois, voire des annĂ©es, Ă rĂ©aliser une recherche dont le rendu ne serait Ă la fin lu de personne et ne servirait Ă rien sinon Ă promouvoir la carriĂšre de celle ou celui qui lâaurait Ă©crit. Ătait-il possible de produire des Ă©crits qui Ă la fois seraient indispensables et sauraient faire la diffĂ©rence ? Je me suis accrochĂ©e Ă cette idĂ©e de lâĂ©criture comme mĂ©thode de recherche. 6On mâa enseignĂ©, comme Ă vous sans doute, Ă nâĂ©crire que lorsque je savais quoi dire ; autrement dit, Ă nâĂ©crire que lorsque les grandes lignes de mon texte Ă©taient esquissĂ©es et ordonnĂ©es. Mais je nâaimais pas Ă©crire ainsi. Je me sentais coincĂ©e et indiffĂ©rente. Songeant aux rĂšgles dâĂ©criture que lâon mâavait enseignĂ©es, jâai rĂ©alisĂ© quâelles se rattachaient Ă la mĂ©canique scientiste et Ă la recherche quantitative. Elles Ă©taient en fait et en elles-mĂȘmes le rĂ©sultat dâune invention sociohistorique pensĂ©e par nos prĂ©dĂ©cesseurs du xixe siĂšcle. Imposer ces rĂšgles aux chercheuses et chercheurs en recherche qualitative a entraĂźnĂ© un lot de problĂšmes ces mĂ©thodes ont minĂ© le processus crĂ©atif et dynamique de lâĂ©criture ; elles ont amoindri la confiance des jeunes chercheuses et chercheurs qualitatifs, car leur expĂ©rience de la recherche Ă©tait incompatible avec le modĂšle dâĂ©criture prĂŽnĂ© ; et elles ont contribuĂ© Ă produire une flottille dâĂ©crits qualitatifs tout simplement inintĂ©ressants parce quâĂ©crits Ă travers la voix homogĂ©nĂ©isĂ©e de la science ». 7Les chercheuses et chercheurs qualitatifs soulignent frĂ©quemment lâimportance que revĂȘtent les aptitudes et les compĂ©tences individuelles de la personne qui fait la recherche. Ce ne sont pas le sondage, le questionnaire ou lâenregistrement qui sont instruments », mais la chercheuse ou le chercheur. Plus cette personne est habile, meilleures sont les chances que la recherche soit de grande qualitĂ©. 8On invite les Ă©tudiantes et Ă©tudiants Ă faire preuve dâouverture Ă observer, Ă Ă©couter, Ă interroger et Ă participer. Par le passĂ©, on ne leur enseignait toutefois pas Ă nourrir leur Ă©criture. Au cours de la derniĂšre dĂ©cennie, plutĂŽt que de taire leurs voix singuliĂšres, les autrices et auteurs qualitatifs ont nĂ©anmoins affinĂ© leurs compĂ©tences rĂ©dactionnelles. Apprendre Ă Ă©crire autrement ne nuit pas plus Ă nos aptitudes Ă Ă©crire de maniĂšre traditionnelle que lâapprentissage dâune langue seconde diminue notre capacitĂ© Ă nous exprimer dans notre langue maternelle. En fait, câest ainsi que plusieurs formes dâĂ©criture qualitative ont pu Ă©merger. Ăcriture en contexte 9Le langage est une force constitutive qui engendre une vision particuliĂšre de la rĂ©alitĂ© et du soi. Produire des choses » implique et gĂ©nĂšre toujours de la valeur quoi produire, comment nommer ce qui est produit et comment dĂ©finir la relation entre les productions et celles et ceux qui les auront produites. Ăcrire ne fait pas exception. Aucune mise en scĂšne textuelle nâest innocente, y compris celle-ci. Les styles dâĂ©criture ne sont ni fixes ni neutres, mais reflĂštent plutĂŽt le mouvement des Ă©coles de pensĂ©e et des paradigmes dominants au fil du temps. LâĂ©criture en sciences sociales, comme toute forme dâĂ©criture dâailleurs, relĂšve dâune construction sociohistorique et, par consĂ©quent, est appelĂ©e Ă se transformer. 3 Citation originale taste, aesthetics, ethics, humanity, and morality ». 10Depuis le xviie siĂšcle, le monde de lâĂ©criture a Ă©tĂ© divisĂ© en deux types littĂ©raire et scientifique. La littĂ©rature, dĂšs le xviie siĂšcle, a Ă©tĂ© associĂ©e Ă la fiction, Ă la rhĂ©torique et Ă la subjectivitĂ©, tandis que la science a Ă©tĂ© rattachĂ©e aux faits, au langage clair » [plain language] et Ă lâobjectivitĂ© Clifford et Marcus, 1986, p. 5. Au xviiie siĂšcle, le terme science sociale Ă©tait introduit par le marquis de Condorcet. Ce dernier soutenait que la connaissance de la vĂ©ritĂ© » [knowledge of the truth] serait simple » et lâerreur presque impossible » si lâon utilisait un langage prĂ©cis pour parler des enjeux moraux et sociaux citĂ© dans Levine, 1985, p. 6. La littĂ©rature et la science se sont dĂšs lors Ă©rigĂ©es en deux domaines distincts au xixe siĂšcle. La littĂ©rature sâest alignĂ©e sur lâ art » et la culture » ; elle contenait les valeurs du goĂ»t, de lâesthĂ©tique, de lâĂ©thique, de lâhumanitĂ© et de la moralitĂ© »3 Clifford et Marcus, op. cit., p. 6 de mĂȘme que le droit au langage mĂ©taphorique et polysĂ©mique. La science, elle, sâest vu attribuer la croyance selon laquelle ses mots Ă©taient objectifs, prĂ©cis, sans ambiguĂŻtĂ©, dĂ©contextualisĂ©s et littĂ©raux. 4 NDT. Mot-valise formĂ© des mots anglais fact et fiction, difficilement traduisible en français. 5 Citation originale There is no longer any such things as fiction or nonfiction, there is only n ... 11Avec le XXe siĂšcle, les rapports entre lâĂ©criture en sciences sociales et lâĂ©criture littĂ©raire ont gagnĂ© en complexitĂ©. Les prĂ©sumĂ©es dĂ©marcations strictes entre les faits » et la fiction » de mĂȘme quâentre la vĂ©ritĂ© » et lâ imaginĂ© » se sont estompĂ©es. Cette situation a créé un vif dĂ©bat sur lâĂ©criture destinĂ©e au public, soit, ici, celle du journalisme. Des rĂ©dactrices et rĂ©dacteurs ont commencĂ© Ă brouiller en toute connaissance de cause les frontiĂšres entre faits et fiction en se mettant dĂ©libĂ©rĂ©ment au cĆur de leurs rĂ©cits. Cette tendance a Ă©tĂ© qualifiĂ©e par Thomas Wolf de nouveau journalisme » pour une discussion approfondie sur le nouveau journalisme, voir Denzin, 1997, chap. 5. Ă partir des annĂ©es 1970, des croisements » entre des formes dâĂ©criture ont donnĂ© naissance Ă de nouvelles dĂ©signations de genres relevant de lâoxymore non-fiction crĂ©ative », faction4 », fiction ethnographique », roman non fictionnel » et fiction vraie ». Dans les annĂ©es 1980, le romancier E. L. Doctorow affirmait ceci Il nâexiste plus rien de tel que la fiction ou la non-fiction, seulement des rĂ©cits »5 citĂ© dans Fishkin, 1985, p. 7. 12En dĂ©pit du brouillage actuel des genres, et en dĂ©pit du fait que toute Ă©criture est narrative selon notre comprĂ©hension contemporaine, une diffĂ©rence majeure perdure selon moi entre lâĂ©criture fictionnelle et lâĂ©criture scientifique. Il ne sâagit pas de savoir si le texte est une fiction ou une non-fiction ; la distinction renvoie plutĂŽt Ă ce dont se rĂ©clame lâautrice ou lâauteur. 13DĂ©clarer que son travail est une fiction sâinscrit dans une dĂ©marche rhĂ©torique diffĂ©rente de celle qui consiste Ă dĂ©clarer quâil relĂšve des sciences sociales. Les deux genres attirent des publics diffĂ©rents et ont des effets diffĂ©rents sur les publics et le politique â et sur la façon dont il faut Ă©valuer les prĂ©tentions Ă la vĂ©ritĂ© » dâune personne. Ces diffĂ©rences ne devraient ĂȘtre ni nĂ©gligĂ©es ni minimisĂ©es. 14Nous avons la chance, aujourdâhui, dâĆuvrer dans un environnement postmoderne, une Ă©poque oĂč coexistent une multitude de façons de connaĂźtre et de raconter. Le cĆur du postmodernisme repose sur le doute face Ă toute mĂ©thode ou thĂ©orie, tout discours ou genre, toute tradition ou nouveautĂ© qui se revendiquent de la vĂ©ritĂ© » de maniĂšre universelle et unanime, ou qui estiment produire des connaissances qui seules peuvent faire autoritĂ©. Le postmodernisme soupçonne que toute prĂ©tention de vĂ©ritĂ© » cache et sert des intĂ©rĂȘts particuliers dans des luttes locales, culturelles et politiques. Mais il ne rejette pas pour autant et Ă tout coup les mĂ©thodes traditionnelles pour connaĂźtre » et raconter » sous prĂ©texte quâelles seraient fausses ou archaĂŻques. PlutĂŽt, ces standards mĂ©thodologiques pourront ĂȘtre remis en question et de nouvelles mĂ©thodes, ĂȘtre introduites, puis Ă leur tour critiquĂ©es. 15Dans le contexte de doute caractĂ©ristique du postmodernisme, toutes les mĂ©thodes, sans distinction, sont remises en question. Aucune mĂ©thode ne possĂšde de statut privilĂ©giĂ©. Une posture postmoderne nous permet de connaĂźtre quelque chose » sans prĂ©tendre tout connaĂźtre. Un savoir partiel, local et historique demeure un savoir. Dâune certaine maniĂšre, connaĂźtre » est alors plus facile, car le postmodernisme reconnaĂźt les limites du caractĂšre situĂ© de la personne qui connaĂźt. Les autrices et auteurs en recherche qualitative sont pour ainsi dire tirĂ©s dâaffaire. Elles et ils nâont pas Ă jouer Ă Dieu, Ă Ă©crire tels des narratrices et narrateurs omniscients et dĂ©sincarnĂ©s prĂ©tendant possĂ©der un savoir intemporel et universel. Elles et ils peuvent renoncer au mĂ©tanarratif discutable de lâobjectivitĂ© scientifique tout en ayant amplement Ă dire en tant que locutrices et locuteurs situĂ©s, leurs subjectivitĂ©s Ă©tant engagĂ©es Ă connaĂźtre/Ă raconter le monde tel quâelles et ils le perçoivent. 16Le poststructuralisme est une forme de la pensĂ©e postmoderne que jâestime particuliĂšrement utile pour lâemploi de cette perspective dans un contexte de recherche, voir Davies, 1999. Il met en rapport le langage, la subjectivitĂ©, lâorganisation sociale et le pouvoir. LâĂ©lĂ©ment-clĂ©, ici, est le langage. Le langage ne reflĂšte » pas la rĂ©alitĂ© sociale, mais produit du sens et crĂ©e la rĂ©alitĂ© sociale. Par des moyens qui ne sont ni rĂ©ductibles ni mutuellement exclusifs, diffĂ©rents langages et diffĂ©rents discours Ă lâintĂ©rieur dâune mĂȘme langue structurent le monde et lui donnent du sens. Le langage, câest la façon dont lâorganisation sociale et le pouvoir sont dĂ©finis et contestĂ©s et le lieu oĂč le sentiment identitaire dâune personne â sa subjectivitĂ© â se construit. Comprendre le langage comme un ensemble de discours concurrents â comme diverses façons de faire sens et dâorganiser le monde â fait du langage un lieu dâexploration et dâaffrontements. 17Le langage ne dĂ©coule pas de notre individualitĂ© ; plutĂŽt, il permet Ă notre subjectivitĂ© de se construire de maniĂšre spĂ©cifique sur les plans historique et local. Ce que signifie pour nous une chose dĂ©pend des discours auxquels nous avons accĂšs. Par exemple, la façon dont une femme battue par son conjoint en fait lâexpĂ©rience variera selon la nature des discours sur la normalitĂ© du mariage », le droit du mari » ou la femme battue » dans lesquels elle baigne. Si une femme perçoit la violence masculine comme Ă©tant normale ou comme relevant des droits du conjoint, il est peu probable quâelle se considĂšre comme une victime de violence conjugale, une marque de pouvoir pourtant illĂ©gitime qui ne devrait ĂȘtre tolĂ©rĂ©e. De la mĂȘme maniĂšre, si un homme est exposĂ© au discours des sĂ©vices sexuels subis durant lâenfance », il pourrait se rappeler les expĂ©riences traumatiques quâil a vĂ©cues en les catĂ©gorisant autrement. LâexpĂ©rience et la mĂ©moire sont par consĂ©quent ouvertes Ă des interprĂ©tations contradictoires gouvernĂ©es par des intĂ©rĂȘts sociaux et les discours dominants. Lâindividu est Ă la fois le lieu et le sujet de ces luttes discursives et de ces discours qui sâopposent dans de nombreux domaines. Sa subjectivitĂ© est changeante et contradictoire elle nâest ni stable, ni fixĂ©e, ni rigide. 18Le poststructuralisme, dĂšs lors, pointe vers la cocrĂ©ation continue du soi et des sciences sociales ; tous deux se comprennent lâun Ă travers lâautre. Se connaĂźtre soi-mĂȘme et connaĂźtre un sujet, cela renvoie Ă des savoirs imbriquĂ©s, partiels, historiques et locaux. Le poststructuralisme, par consĂ©quent, nous permet de nous interroger sur notre mĂ©thode â voire nous y invite ou nous y incite â et dâexplorer de nouvelles façons de connaĂźtre. Plus spĂ©cifiquement, il suggĂšre deux idĂ©es fondamentales pour les autrices et auteurs en recherche qualitative. 19PremiĂšrement, il nous commande dâadopter une posture rĂ©flexive, de prendre conscience que nous Ă©crivons Ă partir de lieux spĂ©cifiques, Ă des moments donnĂ©s. DeuxiĂšmement, il nous dĂ©lie de lâobligation dâĂ©crire un seul et unique texte dans lequel tout devrait ĂȘtre dit, Ă lâintention de toutes et tous. En nourrissant la singularitĂ© de nos voix, nous nous libĂ©rons de lâemprise sĂ©vĂšre quâa lâ Ă©criture scientifique » sur notre conscience et de lâarrogance quâelle dĂ©ploie sur notre psychĂ©. LâĂ©criture est validĂ©e comme mĂ©thode de production du savoir. Ethnographie CAP 6 NDT. Lâexpression originale en anglais est CAP [creative analytical processes] ethnographies ». N ... 20Ă la suite des critiques postmodernes â y compris celles du poststructuralisme, du fĂ©minisme, du mouvement queer et de la critical race theory â des pratiques dâĂ©criture qualitative traditionnelles, les sacro-saintes conventions dâĂ©criture en sciences sociales ont Ă©tĂ© contestĂ©es. Le genre ethnographique sâest Ă©largi, transformĂ© et complexifiĂ© grĂące aux diffĂ©rents formats de textes adoptĂ©s par les chercheuses et chercheurs qui souhaitaient joindre un plus large public. Ces ethnographies ont en commun dâavoir Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es selon des pratiques analytiques crĂ©atives. Je les appelle les ethnographies CAP [processus analytiques crĂ©atifs]6 ». Cette Ă©tiquette peut inclure de nouveaux, de futurs et mĂȘme dâanciens travaux, du moment oĂč lâautrice ou lâauteur se dĂ©gage des normes dâĂ©criture traditionnelles en sciences sociales. Les ethnographies CAP ne sont ni des formes alternatives ni des formes expĂ©rimentales ; elles constituent, dâelles-mĂȘmes et en elles-mĂȘmes, des reprĂ©sentations du social valides et souhaitables. Dans un avenir rapprochĂ©, ces ethnographies pourraient dâailleurs trĂšs bien devenir les reprĂ©sentations Ă privilĂ©gier en raison de lâengagement quâelles suscitent et parce quâelles ouvrent la porte Ă des façons de penser le social qui, pour lâinstant, nous Ă©chappent. 21Lâethnographie CAP donne lieu Ă des pratiques Ă la fois analytiques et crĂ©atives. Toutes croyances selon lesquelles lâ analyse » et la crĂ©ativitĂ© » ne peuvent ĂȘtre que contradictoires et incompatibles sont dĂ©passĂ©es. Elles sont condamnĂ©es Ă lâextinction. Voyez lâĂ©volution, la prolifĂ©ration et la diversitĂ© des espĂšces » ethnographiques autoethnographie, fiction, poĂ©sie, théùtre, théùtre des lectrices/lecteurs, rĂ©cits dâĂ©criture, aphorismes, textes stratifiĂ©s, conversations, lettres, textes polyvocaux, comĂ©dies, satires, allĂ©gories, textes visuels, hypertextes, expositions musĂ©ales, dĂ©couvertes chorĂ©graphiĂ©es, performances, pour ne nommer que certaines des catĂ©gories discutĂ©es dans ce recueil [The SAGE Handbook of Qualitative Research, 2005]. Ces nouvelles espĂšces » dâĂ©criture qualitative sâadaptent au monde politique/social dans lequel nous vivons un monde fait dâincertitudes. Avec leurs nombreuses possibilitĂ©s de prĂ©sentation et de publication, les ethnographies CAP annoncent un changement de paradigme Ellis et Bochner, 1996. 22Au sein des ethnographies CAP, le processus dâĂ©criture et le produit de lâĂ©criture sont intimement liĂ©s ; ils sont tous deux favorisĂ©s. Le produit ne peut ĂȘtre sĂ©parĂ© ni de la personne productrice, ni du mode de production, ni de la mĂ©thode de connaissance. Puisque les ethnographies traditionnelles aussi bien que les ethnographies CAP sont rĂ©alisĂ©es en Ă©tant habitĂ©es par le doute » propre au postmodernisme, les lectrices et lecteurs et les relectrices et relecteurs souhaitent savoir et ont le droit de savoir selon quels principes les chercheuses et chercheurs prĂ©tendent possĂ©der les connaissances quâelles et ils possĂšdent. Quelle posture adoptent les autrices et auteurs en tant que personnes connaissant » et racontant » ? Ces questions posent des enjeux, tous entrelacĂ©s, dâun cĂŽtĂ©, de reprĂ©sentation et, de lâautre, de subjectivitĂ©, dâautoritĂ©, dâauthorship, de rĂ©flexivitĂ© et de processus. 23Le postmodernisme soutient que notre Ă©criture est toujours partielle, locale et situĂ©e, et que notre voix est toujours prĂ©sente, peu importe les efforts que nous dĂ©ployons pour la supprimer â du moins en partie, car nous rĂ©primons forcĂ©ment une part de nous-mĂȘmes en Ă©crivant. Partir de ce principe libĂšre notre Ă©criture, nous permet de convoquer une variĂ©tĂ© de formes â de dire et de redire. Comprendre comme il faut » est impossible ; on peut seulement comprendre » les contours et les nuances de diffĂ©rentes maniĂšres. En faisant appel Ă des pratiques analytiques crĂ©atives, les ethnographes acquiĂšrent des connaissances sur des objets comme sur eux-mĂȘmes qui seraient autrement demeurĂ©es insaisissables et inimaginables si elles et ils nâavaient fait appel quâĂ des processus analytiques, des mĂ©taphores et des formes dâĂ©criture traditionnelles. 24La recherche traditionnelle valorise la triangulation ». Pour une discussion sur la mĂ©thode de triangulation, voir Denzin, 1978. Pour une mise en pratique de cette mĂ©thode, voir Statham, Richardson et Cook, 1991. La chercheuse ou le chercheur qui fait appel Ă la triangulation utilise pour ce faire diffĂ©rentes mĂ©thodes entrevues, donnĂ©es de recensement, documents, etc. afin de valider ses rĂ©sultats. Ces mĂ©thodes, cependant, reposent sur les mĂȘmes prĂ©supposĂ©s, dont celui quâil existerait un point fixe » ou un objet » pouvant ĂȘtre triangulĂ©. Avec les ethnographies CAP, les chercheuses et chercheurs sâinspirent des genres littĂ©raires, artistiques et scientifiques, transgressant par ailleurs souvent les codes de ces genres. ProcĂ©dant de ce qui me paraĂźt ĂȘtre une dĂ©construction postmoderne de la triangulation, le texte CAP reconnaĂźt que le monde ne peut simplement ĂȘtre apprĂ©hendĂ© de trois cĂŽtĂ©s ». Nous ne triangulons pas, nous cristallisons. 25Je suggĂšre quâen matiĂšre de validitĂ© », lâimaginaire central des textes postmodernes ne repose pas sur le triangle â un objet rigide, fixĂ© et bidimensionnel â, mais sur le cristal. Le cristal combine symĂ©trie et matiĂšre avec une infinitĂ© de formes, de substances, de multidimensionnalitĂ©s, dâangles et dâapproches. Les cristaux se dĂ©veloppent, se transforment, sont altĂ©rĂ©s, mais ne sont pas amorphes. Ces prismes reflĂštent des externalitĂ©s et se rĂ©fractent en eux, ce qui crĂ©e un jeu de couleurs, de modĂšles et dâassemblages qui se dĂ©ploient dans plusieurs directions. Ce que nous voyons dĂ©pend de notre inclinaison ; il ne sâagit donc pas de triangulation, mais de cristallisation. Avec les textes CAP, nous passons de la gĂ©omĂ©trie plane Ă la thĂ©orie de la lumiĂšre, oĂč la lumiĂšre est Ă la fois ondulations et particules. 26Travels With Ernest Crossing the Literary/Sociological Divide Richardson et Lockridge, 2004 est un exemple rĂ©cent de pratiques de cristallisation. Cet ouvrage repose sur une carte de voyages par exemple, la Russie, lâIrlande, Beyrouth, Copenhague, Sedona, la plage de Saint-PĂ©tersbourg que jâai rĂ©alisĂ©s avec mon mari, Ernest Lockridge, romancier et professeur dâanglais. Nous avons tous deux fait lâexpĂ©rience des mĂȘmes lieux, mais les avons rĂ©fractĂ©s Ă travers nos propres regard professionnel, genre, sensibilitĂ©s, expĂ©riences de vie ou dĂ©sirs Ă©motionnels et spirituels. AprĂšs avoir chacun et de maniĂšre indĂ©pendante rĂ©digĂ© un compte rendu narratif de nos voyages â un essai personnel â, nous avons Ă©changĂ© et lu nos Ă©crits, puis entamĂ© une vaste conversation enregistrĂ©e et transcrite sur les lignes disciplinaires qui traversent lâĂ©criture, lâĂ©thique, la notion dâauthorship, la collaboration, le tĂ©moignage, les faits/la fiction, les publics et les relations, de mĂȘme que le croisement entre lâobservation et lâimagination. Les pĂ©riples de voyage, ainsi, sont physiques, Ă©motionnels et intellectuels. 27Le processus collaboratif modĂ©lisĂ© dans Travels with Ernest fait honneur au caractĂšre distinct de chacune de nos voix, explore les limites de lâobservation et de lâimagination, du tĂ©moignage et de la remise en rĂ©cit, de la mĂ©moire et de la remĂ©moration, et atteste de la valeur de la cristallisation. Je demeure une sociologue ; il demeure un romancier. Aucun de nous deux nâabandonne sa vision fondamentale du monde. Ă travers notre processus collaboratif, nous avons cependant dĂ©couvert maintes choses Ă propos de nous notre relation, nos rapports avec nos familles, notre travail et notre Ă©criture que nous nâaurions pu dĂ©couvrir autrement. Par exemple, nous avons compris que nous souhaitions que le dernier pan de notre ouvrage fasse rupture avec le format dâĂ©criture du livre, que nous voulions explorer dâautres possibilitĂ©s. De notre conversation â et de ses multiples interruptions â, nous avons Ă©laborĂ© un scĂ©nario de film campĂ© dans notre Grande cuisine amĂ©ricaine. Nous aimions particuliĂšrement que la mĂ©thode collaborative dĂ©ployĂ©e dans notre texte soit ouverte Ă toutes et Ă tous. Il sâagissait dâune Ă©criture stratĂ©gique qui permettait de transgresser les hiĂ©rarchies Ă©tablies entre la chercheuse ou le chercheur et ce qui fait lâobjet de la recherche, entre lâĂ©tudiante ou lâĂ©tudiant et la personne qui lui enseigne. 28La cristallisation, sans perdre sa structure, permet de dĂ©construire notre conception traditionnelle de la validitĂ© ». Elle nous permet de rĂ©flĂ©chir Ă lâabsence de vĂ©ritĂ© unique et de comprendre comment les textes se valident entre eux. La cristallisation nous apporte une comprĂ©hension profonde, complexe et tout Ă fait partielle de notre objet dâĂ©tude. Nos connaissances sâĂ©largissent, mais, paradoxalement, nous doutons du mĂȘme coup de ces connaissances, car nous savons quâil y a encore et toujours davantage Ă connaĂźtre. Ăvaluer les ethnographies CAP 29Parce que les fondements Ă©pistĂ©mologiques de lâethnographie CAP se distinguent de ceux des sciences sociales traditionnelles, le dispositif conceptuel par lequel les ethnographies CAP peuvent ĂȘtre Ă©valuĂ©es varie. Bien que nous soyons libres de prĂ©senter nos textes sous diverses formes afin de joindre des publics variĂ©s, des contraintes liĂ©es Ă la rĂ©flexivitĂ© surviennent dĂšs lors que sont faites des revendications dâauthorship, dâautoritĂ©, de vĂ©ritĂ©, de validitĂ© et de fiabilitĂ©. La rĂ©flexivitĂ© nous fait prendre conscience dâune partie des vues politiques/idĂ©ologiques complexes qui se dissimulent sous notre Ă©criture. Avoir la libertĂ© de jouer avec la forme textuelle ne garantit pas un meilleur produit. Les occasions dâĂ©crire des textes qui en valent vraiment la peine â des livres et des articles qui sont de bonnes lectures » â sont multiples et stimulantes, mais exigeantes. Il sâagit lĂ dâun travail plus difficile, qui offre des garanties limitĂ©es. Bref, nous avons encore beaucoup Ă faire. 30Lâun des principaux enjeux est celui des critĂšres dâĂ©valuation. Comment juger de la valeur dâun travail ethnographique, quâil soit nouveau ou traditionnel ? Les ethnographes de bonne volontĂ© seront prĂ©occupĂ©es et prĂ©occupĂ©s par la façon dont le travail de leurs Ă©tudiantes et Ă©tudiants sera Ă©valuĂ© si elles et ils optent pour une ethnographie CAP. Je nâai aucune rĂ©ponse dĂ©finitive Ă leur fournir pour apaiser leurs esprits, mais jâai nĂ©anmoins quelques idĂ©es et prĂ©fĂ©rences. 31Je conçois le projet ethnographique comme humainement situĂ©, toujours filtrĂ© par le regard humain et les perceptions humaines, et portant les limites comme les forces des sentiments humains. La superstructure scientifique sâinscrit toujours au fondement des activitĂ©s, des croyances et des conceptions des humains. Je souligne Ă grands traits que lâethnographie se construit au travers des pratiques de recherche. Celles-ci sont engagĂ©es dans la poursuite dâun entendement plus vaste. La science propose diverses pratiques la littĂ©rature, les arts crĂ©atifs, le travail de mĂ©moire Davies et al., 1997, lâintrospection Ellis, 1991 et le dialogue Ellis, 2004. Les chercheuses et chercheurs peuvent ainsi choisir parmi plusieurs pratiques de recherche et ne devraient pas ĂȘtre assujettis aux habitudes de pensĂ©e des autres. 32Je crois quâil importe dâapprĂ©cier toute ethnographie CAP en fonction des plus hauts standards ; la simple nouveautĂ© ne suffit pas. Voici quatre des critĂšres que jâutilise pour Ă©valuer des articles ou des monographies soumis pour publication en sciences sociales Contribution significative. Ce texte contribue-t-il Ă notre comprĂ©hension de la vie sociale ? Est-ce que lâautrice ou lâauteur fait la dĂ©monstration dâune perspective scientifique sociale profondĂ©ment ancrĂ©e voire intĂ©grĂ©e ? Ce texte paraĂźt-il vrai » â est-il un compte rendu crĂ©dible dâun rĂ©el » culturel, social, individuel ou qui relĂšve du sens commun ? Pour des suggestions permettant de rĂ©pondre Ă ce critĂšre, voir la partie 3. MĂ©rite esthĂ©tique. Les standards ne sont pas rĂ©duits ; un autre standard est ajoutĂ©. Ce texte est-il rĂ©ussi sur le plan esthĂ©tique ? Lâutilisation de pratiques analytiques crĂ©atives gĂ©nĂšre-t-elle un texte ouvert et incite-t-elle Ă lâinterprĂ©tation ? Le texte est-il artistique, satisfaisant, complexe et captivant ? RĂ©flexivitĂ©. En quoi la subjectivitĂ© de lâautrice ou de lâauteur a-t-elle Ă©tĂ© productrice et produit du texte Ă©crit ? Est-ce que lâautrice ou lâauteur est conscient de sa posture et est-ce quâelle ou il se dĂ©voile suffisamment pour que la lectrice ou le lecteur puisse saisir la valeur des points de vue formulĂ©s ? Lâautrice ou lâauteur se tient-elle ou il responsable des normes de connaissance et de transmission des connaissances des personnes au cĆur de son Ă©tude ? PortĂ©e. Ce texte me touche-t-il sur les plans Ă©motionnel et intellectuel ? GĂ©nĂšre-t-il de nouvelles questions ? Me stimule-t-il Ă Ă©crire ? Mâencourage-t-il Ă explorer de nouvelles pratiques de recherche ou Ă me mettre en action ? 33Voici quatre de mes critĂšres. La science est une lunette, les arts crĂ©atifs en sont une autre. Notre perception du monde gagne en profondeur lorsque nous utilisons les deux. Je veux regarder au travers de ces deux lunettes pour saisir une forme dâart des sciences sociales » une forme de reprĂ©sentation radicalement interprĂ©tative. 7 NDT. Le terme race, tel quâil est utilisĂ© par lâautrice dans le texte original, est apprĂ©hendĂ© au s ... 34Ce dĂ©sir nâest pas seulement le mien. Jâai constatĂ© que plusieurs Ă©tudiantes et Ă©tudiants issus de divers milieux sociaux ou de cultures marginalisĂ©es sont Ă©galement attirĂ©s par cette vision du monde social Ă deux lunettes. Plusieurs trouvent lâethnographie CAP attirante et se joignent Ă la communautĂ© qualitative. Plus cela se produit, plus nous en tirons toutes et tous profit. Les implications de race7 et de genre sont mises en Ă©vidence non pas pour ĂȘtre politiquement correctes », mais parce que ces questions sont des axes Ă partir desquels les mondes symboliques et actuels ont Ă©tĂ© construits. Les personnes issues des groupes non dominants le savent et peuvent sâassurer que cette connaissance est respectĂ©e cf. Margolis et Romero, 1998. Lâeffacement des frontiĂšres des sciences humaines et sociales serait accueilli favorablement non pas parce quâil rĂ©pondrait Ă une tendance », mais parce quâil sâaccorderait au sens de la vie et au style dâapprentissage de bon nombre de personnes. Cette nouvelle communautĂ© qualitative, Ă travers sa posture thĂ©orique, ses pratiques analytiques et ses membres aux origines diversifiĂ©es, pourrait dĂ©passer les cadres du milieu universitaire et nous en apprendre davantage sur les injustices sociales et les façons dây remĂ©dier. Parmi les chercheuses et chercheurs qualitatifs, qui ne se sentirait pas enrichi par lâappartenance Ă une communautĂ© aussi invitante et diversifiĂ©e ? LâĂ©criture prend de nouvelles formes, se centre sur lâautrice, lâauteur, devient moins lassante et plus humble. Ce sont lĂ des occasions Ă saisir. Certaines personnes accordent mĂȘme Ă leur travail un caractĂšre spirituel. RĂ©cits dâĂ©criture et rĂ©cits personnels 35La vie ethnographique ne peut ĂȘtre sĂ©parĂ©e du soi. Ce que nous sommes et ce que nous pouvons ĂȘtre â ce que nous pouvons Ă©tudier, notre façon dâĂ©crire sur ce que nous Ă©tudions â sont liĂ©s Ă la maniĂšre quâa un rĂ©gime de connaissances de se discipliner et de discipliner ses membres, de mĂȘme quâaux mĂ©thodes que ce rĂ©gime emploie pour faire autoritĂ© tant sur lâobjet de recherche que sur ses membres. 36Nous avons hĂ©ritĂ© de rĂšgles ethnographiques arbitraires, rĂ©ductrices, excluantes, dĂ©formantes et aliĂ©nantes. Notre tĂąche est de dĂ©finir des pratiques concrĂštes qui nous permettront de faire de nous des sujets Ă©thiques, engagĂ©s dans une ethnographie Ă©thique inspirante pour la lecture et lâĂ©criture. 8 En français dans le texte. 37Certaines de ces pratiques comportent de travailler avec des schĂ©mas thĂ©oriques par exemple, la sociologie de la connaissance, le fĂ©minisme, la critical race theory, le constructivisme, le poststructuralisme qui remettent en question les motifs de lâautoritĂ© ; dâĂ©crire sur des sujets qui importent sur le plan tant personnel que collectif ; de faire lâexpĂ©rience de la jouissance8 ; dâexplorer simultanĂ©ment diffĂ©rentes formes dâĂ©criture et de publics ; de se situer dans de multiples discours et communautĂ©s ; de dĂ©velopper un regard critique ; de trouver des façons dâĂ©crire, de prĂ©senter, dâenseigner moins hiĂ©rarchiques et moins univoques ; de rĂ©vĂ©ler les secrets institutionnels ; dâutiliser des postures dâautoritĂ© pour accroĂźtre la diversitĂ© aussi bien dans le corps professoral universitaire que dans les publications scientifiques ; de sâengager dans lâautorĂ©flexivitĂ© ; de cĂ©der Ă la synchronicitĂ© ; de se demander ce que lâon veut ; de faire face Ă ce vers quoi notre Ă©criture nous mĂšnera sur les plans Ă©motionnel ou spirituel ; et dâhonorer le caractĂšre incarnĂ© et situĂ© de son travail. 38Cette derniĂšre pratique â honorer le lieu du soi â nous encourage Ă construire ce que je nomme des rĂ©cits dâĂ©criture » [writing stories]. Il sâagit de rĂ©cits qui positionnent notre Ă©criture au sein de notre vie en prenant en considĂ©ration, par exemple, les contraintes disciplinaires, les dĂ©bats universitaires, les politiques dĂ©partementales, les mouvements sociaux, les structures collectives, nos intĂ©rĂȘts de recherche, nos liens familiaux et notre histoire personnelle. Ils permettent Ă la rĂ©flexivitĂ© critique de lâĂ©criture du soi dans diffĂ©rents contextes de sâinscrire au sein dâune pratique analytique dâĂ©criture indispensable. Ils soulĂšvent de nouvelles questions concernant le soi et le sujet Ă lâĂ©tude ; ils nous rappellent que notre travail est incarnĂ©, contextuel et rhizomatique ; et ils dĂ©mystifient le processus de recherche et dâĂ©criture et aident les autres Ă en faire autant. GrĂące Ă ces histoires, des parties auparavant inaccessibles de notre soi peuvent Ă©merger, des blessures peuvent se guĂ©rir, notre sens du soi peut sâaffiner, notre identitĂ© mĂȘme peut se transformer. 39Dans Fields of Play Constructing an Academic Life Richardson, 1997, jâai largement utilisĂ© les rĂ©cits dâĂ©criture pour contextualiser mes dix annĂ©es de travail sociologique, crĂ©ant ainsi un texte plus conforme Ă la comprĂ©hension poststructuraliste du caractĂšre situĂ© de la connaissance. En organisant mes articles et mes essais de maniĂšre chronologique, selon lâordre dans lequel ils avaient Ă©tĂ© Ă©crits, je les ai classĂ©s en deux piles Ă conserver » et Ă rejeter ». Lorsque jâai relu mon premier texte conservĂ©, une allocution prĂ©sidentielle pour la North Central Sociological Association, je me suis rappelĂ© avoir Ă©tĂ© traitĂ©e avec condescendance, avoir Ă©tĂ© marginalisĂ©e et punie par le doyen et le directeur de mon dĂ©partement pour ce discours. ImprĂ©gnĂ©e de ce souvenir, jâai rĂ©alisĂ© un rĂ©cit dâĂ©criture sur le dĂ©calage qui existe entre ma vie dĂ©partementale et ma rĂ©putation au sein de ma discipline. Ăcrire cette histoire nâa pas Ă©tĂ© chose facile sur le plan Ă©motionnel. Jâai Ă©tĂ© de nouveau habitĂ©e par des expĂ©riences terribles, mais leur mise en rĂ©cit mâa libĂ©rĂ©e de la colĂšre et de la douleur qui leur Ă©taient associĂ©es. Plusieurs universitaires ayant par la suite lu ce texte y ont reconnu des expĂ©riences similaires â leurs histoires jamais racontĂ©es. 40Jâai repassĂ© dans lâordre la pile des Ă conserver », relisant et mettant ensuite sur papier le rĂ©cit de cette expĂ©rience de relecture les diffĂ©rentes facettes, les diffĂ©rents contextes. Pour certains rĂ©cits, jâai dĂ» retourner Ă mes journaux de bord et Ă mes documents ; la plupart du temps, ce nâĂ©tait toutefois pas nĂ©cessaire. Certaines histoires Ă©taient douloureuses et mâont pris un temps fou Ă rĂ©diger, mais leur Ă©criture a desserrĂ© lâemprise ombrageuse quâelles avaient sur moi. Dâautres, encore, ont Ă©tĂ© heureuses et mâont rappelĂ© la chance que jâavais dâavoir des amies et amis, des collĂšgues et une famille. 41Les rĂ©cits dâĂ©criture nous sensibilisent aux consĂ©quences potentielles de lâensemble de nos Ă©crits, car ils nous ramĂšnent Ă lâĂ©thique de la reprĂ©sentation. Les rĂ©cits dâĂ©criture ne portent pas sur des personnes ou des cultures lĂ -bas » â des sujets ou des objets ethnographiques ; plutĂŽt, ils portent sur nous nos espaces de travail, nos disciplines, nos amitiĂ©s et notre famille. Que pouvons-nous dire et avec quelles consĂ©quences ? Les rĂ©cits dâĂ©criture sont risquĂ©s et peuvent ĂȘtre bouleversants, ils nous rapprochent » de la reprĂ©sentation ethnographique et la rendent personnelle ». 42Chaque rĂ©cit dâĂ©criture offre lâoccasion Ă son autrice ou Ă son auteur de prendre une dĂ©cision Ă©thique situĂ©e et pragmatique concernant la publication ou non de son rĂ©cit et le lieu de publication. En gĂ©nĂ©ral, je ne vois aucun problĂšme Ă©thique Ă publier des rĂ©cits qui reflĂštent les abus de pouvoir ; je considĂšre les dommages causĂ©s par celles et ceux qui abusent comme bien plus grands que les dĂ©sagrĂ©ments que pourraient leur apporter mes rĂ©cits. Par opposition, lâidĂ©e de publier des rĂ©cits impliquant les membres de ma famille immĂ©diate est pour moi plus contraignante. Je vĂ©rifie le contenu de mes rĂ©cits avec eux. Dans le cas de membres de ma famille Ă©loignĂ©e, je modifie leurs prĂ©noms et les caractĂ©ristiques qui permettent de les reconnaĂźtre. Je garde aussi pour moi certains de mes Ă©crits plus rĂ©cents qui pourraient nuire sĂ©rieusement Ă la paix familiale » et les mets de cĂŽtĂ©, espĂ©rant quâun jour je trouverai une façon de les rendre publics. 9 En français dans le texte. 43Dans une section de Fields of Play Richardson, 1997, je raconte deux rĂ©cits entremĂȘlĂ©s dâ Ă©criture illĂ©gitime ». Lâun de ces rĂ©cits est une reprĂ©sentation poĂ©tique de mon entrevue avec Louisa May, une mĂšre non mariĂ©e. Lâautre est le rĂ©cit de cette recherche comment jâai Ă©crit ce poĂšme, sa diffusion, sa rĂ©ception et les consĂ©quences quâil a eues sur moi. Il existe une multitude dâillĂ©gitimitĂ©s dans ces rĂ©cits un enfant conçu hors mariage ; la reprĂ©sentation poĂ©tique de rĂ©sultats » de recherche ; une voix fĂ©minine en sciences sociales ; une recherche ethnographique sur des ethnographes et une reprĂ©sentation théùtrale de cette recherche ; la prĂ©sence Ă©motionnelle de la personne qui Ă©crit ; et un travail effrĂ©nĂ© de jouissance9. 44Jâai dâabord pensĂ© que lâhistoire de cette recherche Ă©tait complĂšte, pas forcĂ©ment lâunique version possible, mais une qui, du moins, reflĂ©tait raisonnablement, honnĂȘtement et sincĂšrement ce que mes expĂ©riences de recherche avaient Ă©tĂ©. Je le crois toujours. Cela Ă©tant dit, jâai dĂ» le reconnaĂźtre avec le temps, les expĂ©riences biographiques personnelles qui mâavaient amenĂ©e Ă Ă©crire cette histoire manquaient toujours. 45Jâai Ă©ventuellement compris que lâidĂ©e dâ illĂ©gitimitĂ© » avait eu une forte emprise sur moi. Dans mon journal de recherche, jâĂ©crivais ainsi Ma carriĂšre en sciences sociales pourrait ĂȘtre perçue comme une longue aventure dans lâillĂ©gitimitĂ©. » Je me suis demandĂ© pour quelle raison jâĂ©tais attirĂ©e par lâĂ©criture de textes illĂ©gitimes », y compris le texte de ma vie universitaire. Quel est donc ce combat que jâentretiens avec le monde universitaire â Ă la fois en faire partie et mây opposer ? En quoi mon histoire ressemble-t-elle aux histoires de celles et ceux qui ont du mal Ă se comprendre, qui luttent pour retrouver leur soi supprimĂ©, pour agir Ă©thiquement, et en quoi sâen distingue-t-elle ? 46RĂ©fractant lâ illĂ©gitimitĂ© » au moyen dâallusions, dâaperçus et de regards plus vastes, jâen suis venue Ă Ă©crire un essai personnel, Vespers », le dernier de Fields of Play Richardson, 1997. Avec Vespers », jâai situĂ© ma vie universitaire dans des expĂ©riences et des souvenirs dâenfance, jâai approfondi ma connaissance de moi-mĂȘme, et le texte a trouvĂ© un Ă©cho chez dâautres personnes issues du milieu universitaire. Vespers » a Ă©galement produit sa propre rĂ©fraction il mâa donnĂ© le dĂ©sir, la force et une connaissance de moi-mĂȘme suffisante pour me permettre dâentreprendre la mise en rĂ©cit dâautres souvenirs et expĂ©riences ; il mâa donnĂ© une agentivitĂ© renouvelĂ©e et mâa permis de me reconstruire, pour le meilleur et pour le pire. 47Les rĂ©cits dâĂ©criture et les rĂ©cits personnels deviennent sans cesse davantage la façon par laquelle je fais sens du monde, par laquelle les expĂ©riences biographiques qui sont les miennes sâinsĂšrent dans un contexte sociohistorique plus large. En utilisant lâĂ©criture comme mĂ©thode de dĂ©couverte, conjointement Ă ma relecture fĂ©ministe de la pensĂ©e deleuzienne, je suis passĂ©e de Comment Ă©crire dans le contexte de la crise de la reprĂ©sentation ? », ma premiĂšre question dâĂ©criture, Ă Comment documenter le devenir ? ». 48Comme les flĂšches de ZĂ©non, je nâatteindrai jamais une destination une destinĂ©e ?. Contrairement Ă ZĂ©non, toutefois, plutĂŽt que de me concentrer sur lâarrivĂ©e dâun parcours qui nâa pas de fin, je porte mon attention sur les maniĂšres dont les flĂšches sont construites, sur leur position dans le carquois et sur la position â dĂ©calage et repositionnement â du carquois dans le monde. Je conçois les promesses des idĂ©ologies progressistes et des expĂ©riences personnelles comme des ruines Ă excaver, comme des plis Ă dĂ©plier, comme des chemins traversant le miasme universitaire. Je suis convaincue que, dans le rĂ©cit ou les rĂ©cits du devenir, nous avons de bonnes chances de dĂ©construire lâidĂ©ologie universitaire sous-jacente â celle qui prĂ©tend quâĂȘtre quelque chose par exemple, une professeure qui a du succĂšs, un thĂ©oricien ingĂ©nieux, un maĂźtre acadĂ©micien, une fĂ©ministe covergirl vaut mieux que de devenir. Pour moi, Ă prĂ©sent, dĂ©couvrir les imbrications complexes entre classe, race, genre, Ă©ducation, religion et autres diversitĂ©s, lesquelles ont façonnĂ© la sociologue que je suis devenue, est une façon pratique de dĂ©tourner les mondes universitaire et autres dans lesquels je vis. Aucun de nous ne sait quâelle sera son ultime destination, mais nous toutes et tous pouvons reconnaĂźtre les facteurs qui auront une influence dĂ©terminante sur nos vies, facteurs que nous pouvons choisir dâaffronter, dâembrasser ou dâignorer. 49Je ne sais pas comment les autres documenteront leur devenir, mais jâai choisi des structures qui sâaccordent Ă mon caractĂšre, Ă mes orientations thĂ©oriques et Ă ma vie dâautrice. Je grandis » en rĂ©fractant ma vie Ă travers des lentilles sociologiques, mâassociant pleinement Ă la sociologie » de C. Wright Mills, au croisement du biographique et de lâhistorique. Je dĂ©couvre que mes prĂ©occupations de justice sociale, informĂ©e par lâappartenance ethnique, la classe, le genre et lâethnicitĂ©, prennent leur origine dans des expĂ©riences dâenfance. Ces expĂ©riences ont consolidĂ© mes Ă©crits Ă venir. Comment puis-je donner de la portĂ©e Ă mon Ă©criture ? Comment puis-je Ă©crire de façon Ă accĂ©lĂ©rer le dĂ©veloppement dâun projet dĂ©mocratique de justice sociale ? 50Je nâai pas de rĂ©ponses accrocheuses et simples Ă ces questions. Je sais que lorsque je me plonge dans mon Ă©criture, tant ma compassion envers les autres que mes actions pour les soutenir gagnent en force. Mon Ă©criture me porte vers un espace indĂ©pendant oĂč je perçois avec plus de clartĂ© les interrelations entre et parmi les personnes dans le monde. Peut-ĂȘtre que dâautres autrices et auteurs vivent des expĂ©riences similaires. Peut-ĂȘtre que rĂ©flĂ©chir profondĂ©ment et Ă©crire sur la vie dâautrui nous a menĂ©s, ou nous mĂšnera, Ă poser des gestes qui permettront de rĂ©duire les iniquitĂ©s entre les personnes ainsi que la violence. Partie 2 lâĂ©criture comme mĂ©thode de recherche nomade Elizabeth Adams St. Pierre 10 NDT. Pour les expressions et les citations provenant dâouvrages traduits du français vers lâanglais ... 51Il nâest pas innocent que mon Ă©criture sur lâĂ©criture comme mĂ©thode de recherche dans ce texte double apparaisse aprĂšs celle de Laurel Richardson il sâagit dâune trajectoire, dâune ligne de fuite10 » Deleuze et Parnet, 1977, p. 125, qui dĂ©coule du travail de Richardson. Je me propose ici dâeffectuer une cartographie de ce qui peut arriver lorsque lâon prend au sĂ©rieux son invitation Ă penser lâĂ©criture en tant que mĂ©thode de recherche qualitative. Jâai lu une toute premiĂšre Ă©bauche du chapitre intitulĂ© Writing A method of discovery » en 1992, dans un cours de sociologie Richardson y enseignait la recherche et lâĂ©criture postmodernes. Des annĂ©es auparavant, jâavais pour ma part Ă©tĂ© formĂ©e, dans le cadre dâune majeure en anglais, Ă envisager lâĂ©criture comme le traçage de la pensĂ©e dĂ©jĂ pensĂ©e, comme le reflet transparent du connu et du rĂ©el â lâĂ©criture comme reprĂ©sentation, comme rĂ©pĂ©tition. Jâadopte encore cette approche pour certains publics et Ă certaines fins, mais, dĂ©sormais, jâemploie principalement lâĂ©criture pour Ă©branler le connu et le rĂ©el â lâĂ©criture comme simulation Baudrillard, 1988/1981, comme rĂ©pĂ©tition subversive » [subversive repetition]Butler, 1990, p. 32. 52Pensant ensemble Richardson et Deleuze, jâai nommĂ© mon travail dans le milieu universitaire recherche nomade » St. Pierre, 1997a, 1997c [nomadic inquiry]. Une grande partie de ce travail sâaccomplit dans lâĂ©criture. Pour moi, lâĂ©criture, câest la pensĂ©e ; lâĂ©criture, câest lâanalyse, ce qui en fait une mĂ©thode de dĂ©couverte Ă la fois complexe et sĂ©duisante. Nombre de chercheuses et chercheurs en sciences humaines le savent depuis longtemps, mais câest Richardson qui a introduit cette conception dans la recherche qualitative en sciences sociales. De fait, elle a contribuĂ© Ă dĂ©construire la mĂ©thode plaçant ce concept ordinaire de la recherche qualitative sous rature Spivak, 1974, p. xiv, elle lâa ouvert Ă diffĂ©rents sens. 53Le concept doit certainement ĂȘtre troublĂ©. Il y a deux dĂ©cennies, Barthes Ă©crivait ceci la MĂ©thode devient une Loi », mais la volontĂ© de mĂ©thode [est] finalement stĂ©rile tout est passĂ© dans la mĂ©thode ; il ne reste rien Ă lâĂ©criture » 1984, p. 392. Il faut donc, disait-il, Ă un certain moment se retourner contre la mĂ©thode, ou du moins la traiter sans privilĂšge fondateur, comme lâune des voix du pluriel » ibid., p. 393. En dâautres termes, nous devons interroger les limites que nous avons imposĂ©es au concept de mĂ©thode, sans quoi nous limiterons ses potentialitĂ©s dans la production du savoir. 11 Citation originale resources of the old language, the language we already possess and which pos ... 54Il sâagit lĂ de lâune des leçons du postmodernisme les fondements sont contingents Butler, 1992. En effet, tous les concepts qui dĂ©finissent la recherche qualitative interprĂ©tative traditionnelle, y compris la mĂ©thode, sont contingents. Les postmodernes en ont dâailleurs dĂ©construit plusieurs, dont les donnĂ©es St. Pierre, 1997b, la validitĂ© Lather, 1993 ; Scheurich, 1993, lâinterview Scheurich, 1995, le terrain St. Pierre, 1997c, lâexpĂ©rience Scott, 1991, la voix Finke, 1993 ; Jackson, 2003 ; Lather, 2000, la rĂ©flexivitĂ© Pillow, 2003, le rĂ©cit Nespor et Barylske, 1991 et mĂȘme lâethnographie Britzman,1995 ; Visweswaran, 1994. Cela ne signifie pas que les chercheuses et chercheurs qualitatifs postmodernes rejettent ces concepts en particulier ni dâautres concepts qui ont Ă©tĂ© dĂ©finis de façon spĂ©cifique par le paradigme interprĂ©tativiste. Ils observent plutĂŽt leurs effets sur les personnes et sur la production du savoir, au cours de dĂ©cennies de recherche, et ils les rĂ©inscrivent de diffĂ©rentes maniĂšres qui, bien sĂ»r, doivent elles aussi ĂȘtre interrogĂ©es. Les chercheuses et chercheurs postmodernes ne rejettent pas non plus nĂ©cessairement les mots en eux-mĂȘmes ; ils continuent dâutiliser, par exemple, les mots mĂ©thode et donnĂ©es. Comme le soulignait Spivak, nous devons travailler avec les ressources du langage, câest-Ă -dire le langage que nous possĂ©dons dĂ©jĂ et qui nous possĂšde. Inventer un nouveau mot, câest courir le risque dâoublier le problĂšme ou de croire quâil est rĂ©solu11 » op. cit., p. xv. Nous utilisons donc de vieux concepts, mais nous leur demandons dâeffectuer un travail diffĂ©rent. Il est intĂ©ressant de noter que câest prĂ©cisĂ©ment lâincapacitĂ© du langage Ă fermer le sens du concept qui incite les chercheuses et chercheurs qualitatifs postmodernes Ă critiquer la cohĂ©rence prĂ©sumĂ©e de la structure de la recherche qualitative interprĂ©tative traditionnelle. Pour certaines et certains dâentre nous, la reconnaissance que cette structure est et a toujours Ă©tĂ© contingente est, certainement, une bonne nouvelle. Langage et sens 12 Citation originale word and thing or thought never in fact become one ». 55Richardson sâintĂ©resse au travail du langage dans la premiĂšre partie de ce texte. En ce qui me concerne, je dĂ©cris ici plus en dĂ©tail la relation tĂ©nue entre langage et sens afin de poser les assises de la discussion que je propose ensuite concernant la postinterprĂ©tation dans un monde postinterprĂ©tatif. Nous savons quâun vaste travail de dĂ©construction a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© dans les sciences sociales depuis le tournant linguistique » Rorty, 1964, le tournant postmoderne » Hassan, 1987, la crise de la lĂ©gitimation » Habermas, 1975/1973 et la crise de la reprĂ©sentation » Marcus et Fischer, 1986, chacun reposant sur une conscience dâun langage qui ne sâoublie pas lui-mĂȘme » Barthes, op. cit., p. 393 ou, comme le souligne Trinh, une conscience qui comprend le langage comme langage » 1989, p. 17. Il y a dĂ©jĂ plus de 40 ans, Foucault Ă©crivait que le langage nâest pas ce quâil est parce quâil a un sens » 1966, p. 36, alors que Derrida thĂ©orisait la diffĂ©rance, montrant ainsi que le sens ne peut ĂȘtre fixĂ© dans le langage, quâil est constamment diffĂ©rĂ©. Comme lâexpliquait Spivak, un mot et une chose, ou une pensĂ©e, ne deviennent jamais un dans les faits12 » op. cit., p. xvi ; par consĂ©quent, le langage ne peut ĂȘtre employĂ© en tant que mĂ©dium transparent qui reflĂšte, reprĂ©sente » et contient le monde. 13 Citation originale the interpretive sciences [that] proceed from the assumption that there is a ... 14 Citation originale the thing itself always escapes ». 56LâidĂ©e selon laquelle le sens nâest pas une propriĂ©tĂ© transportable » [portable property] ibid., p. 1vii, câest-Ă -dire que le langage ne peut simplement transporter le sens dâune personne Ă lâautre, Ă©branle la proposition de Husserl pour qui il existerait un niveau de sens prĂ©linguistique un sens pur, un pur signifiĂ©, sens que le langage pourrait exprimer. En cela, les dĂ©marches postmodernes diffĂšrent des sciences interprĂ©tatives, qui procĂšdent de lâhypothĂšse selon laquelle il existe une vĂ©ritĂ© profonde, Ă la fois connue et cachĂ©e, le travail de lâinterprĂ©tation consistant Ă apporter cette vĂ©ritĂ© au discours13 » Dreyfus et Rabinow, 1982, p. 180. Elles Ă©branlent aussi la croyance en lâidĂ©e que la communication rationnelle et exempte dâinterfĂ©rence Habermas, 1984/1981, 1987/1981 â sorte de dialogue transparent pouvant mener au consensus â est possible, mĂȘme souhaitable, alors que le consensus gomme souvent la diffĂ©rence. En outre, la dĂ©claration de Derrida tel que le cite Spivak qui affirme que la chose elle-mĂȘme sâĂ©chappe toujours14 » op. cit., p. 1xix jette un doute radical sur et certains pourraient mĂȘme dire quâelle rend impertinente » lâhypothĂšse hermĂ©neutique selon laquelle nous pouvons, dans les faits, rĂ©pondre Ă la question ontologique Quâest-ce que⊠? », question qui fonde de nombreux travaux dâinterprĂ©tation. 15 Citation originale brut fact or simple reality ». 16 Citation originale human inabity to tolerate undescribed chaos ». 17 Citation originale condemned to meaning ». 18 Citation originale tirĂ©e de la prĂ©face de Gayatri Chakravorty Spivak dans Of grammatology 1974 ... 57Les postmodernes, aprĂšs le tournant linguistique, ont soutenu que lâinterprĂ©tation nâest pas la dĂ©couverte du sens, mais plutĂŽt lâ introduction du sens » [introduction of meaning] Spivak, op. cit., p. xxiii dans le monde. Sâil en est ainsi, nous ne pouvons plus apprĂ©hender les mots comme sâils Ă©taient profondĂ©ment et essentiellement signifiants ni considĂ©rer comme faits bruts ou simples rĂ©alitĂ©s15 » Scott, 1991, p. 26 les expĂ©riences quâils tentent de reprĂ©senter. Dans ce cas, lâinterprĂ©tant doit assumer le fardeau de la fabrication du sens, qui nâest plus une activitĂ© dâexpression neutre relayant simplement le mot au monde. Foucault Ă©crivait par ailleurs que lâinterprĂ©tation nâĂ©claire pas une matiĂšre Ă interprĂ©ter, qui sâoffrirait Ă elle passivement ; elle ne peut que sâemparer, et violemment, dâune interprĂ©tation dĂ©jĂ lĂ , quâelle doit renverser, retourner, fracasser Ă coups de marteau » 1994/1967, p. 571. Cependant, malgrĂ© les dangers de la rage hermĂ©neutique pour la dĂ©couverte du sens, nous interprĂ©tons sans cesse, peut-ĂȘtre en raison de notre incapacitĂ© humaine Ă tolĂ©rer le chaos16 » Spivak, op. cit., p. xxiii. Ă cet Ă©gard, Foucault tel que le citent Dreyfus et Rabinow disait que nous sommes condamnĂ©s au sens17 » op. cit., p. 88. Mais Derrida proposait une autre vision du sens il affirmait que se risquer Ă ne-rien-vouloir-dire, câest entrer dans le jeu, et dâabord dans le jeu de la diffĂ©rance qui fait quâaucun mot, aucun concept, aucun Ă©noncĂ© majeur ne [vient] rĂ©sumer et commander [âŠ] [les] diffĂ©rences » 1972, p. 23-24. Il appelait ce travail de dĂ©construction lâĂ©criture sous rature il sâagit dâ abandonner chaque concept au moment mĂȘme oĂč jâai besoin de lâutiliser18 » 1967, p. xviii. Pour la recherche qualitative, le fait dâimaginer lâĂ©criture comme un abandon de sens, mĂȘme si le sens prolifĂšre, plutĂŽt que comme une recherche et un confinement du sens, comporte des implications Ă la fois convaincantes et profondes. 19 Citation originale How do meanings change? How have some meanings emerged as normative and othe ... 20 Citation originale How does discourse function? Where is it to be found? How does it get produ ... 58De toute Ă©vidence, les chercheuses et chercheurs qualitatifs postmodernes ne peuvent plus considĂ©rer la recherche simplement comme un travail dâinterprĂ©tation du sens permettant de concevoir, de comprendre et dâĂ©lucider dans son entiĂšretĂ© un phĂ©nomĂšne. Comme je lâai mentionnĂ© ci-dessus, cela ne signifie pas quâils rejettent le sens, mais plutĂŽt quâils remettent le sens Ă sa place. Ils se dĂ©tournent de questions telles que Quâest-ce que ceci ou cela signifie ? » pour se concentrer sur des questions comme celles posĂ©es par Scott Comment les sens changent-ils ? Comment certains sens se sont-ils avĂ©rĂ©s normatifs, alors que dâautres ont Ă©tĂ© Ă©clipsĂ©s ou sont disparus ? Quâest-ce que ces processus rĂ©vĂšlent sur la façon dont le pouvoir est constituĂ© et fonctionne ?19 » 1988, p. 35. BovĂ© offre des questions supplĂ©mentaires, et je suggĂšre que nous puissions substituer nâimporte quel objet de savoir le mariage, la subjectivitĂ©, lâappartenance ethnique, par exemple au mot discours dans ce qui suit Comment fonctionne le discours ? OĂč se trouve-t-il ? Comment est-il produit et rĂ©gulĂ© ? Quels sont ses effets sociaux ? Comment existe-t-il ?20 » 1990, p. 54. 21 Dans le texte, citation tirĂ©e de Racevskis 1987. 22 Citation originale producing different knowledge and producing knowledge differently ». 59Puisque Richardson et moi aimons particuliĂšrement Ă©crire, nous nous sommes posĂ© toutes ces questions sur lâĂ©criture, et nous en avons posĂ© une autre, que nous estimons provocante quâest-ce que lâĂ©criture peut faire dâautre que signifier ? Deleuze et Guattari nous orientent lorsquâils affirment quâ Ă©crire nâa rien Ă voir avec signifier, mais avec arpenter, cartographier, mĂȘme des contrĂ©es Ă venir » 1980, p. 11. En ce sens, lâĂ©criture devient un terrain de jeu » Richardson, 1997 dans lequel nous pouvons desserrer lâemprise du sens reçu, qui limite notre travail et nos vies, et Ă©tudier dans quelle mesure lâexercice de penser sa propre histoire peut affranchir la pensĂ©e de ce quâelle pense silencieusement pour lui permettre de penser autrement21 » Foucault, 1984a, p. 15. Le tournant linguistique et la critique postmoderne de lâinterprĂ©tativisme ouvrent le concept dâĂ©criture et nous permettent de lâutiliser comme mĂ©thode de recherche, une condition de possibilitĂ© permettant de produire des connaissances diffĂ©rentes et de produire des connaissances diffĂ©remment22 » St. Pierre, 1997b, p. 175. Ăcrire sous rature une politique et une Ă©thique de la difficultĂ© 60Alors, quel pourrait ĂȘtre le travail de lâĂ©criture en tant que mĂ©thode dans la recherche qualitative postmoderne ? Ă quoi pourrait ressembler lâĂ©criture sous rature, et comment, Ă son tour, une telle Ă©criture pourrait-elle réécrire la recherche elle-mĂȘme ? Mes propres expĂ©riences Ă cet Ă©gard ont Ă©mergĂ© dâun projet de recherche qualitative postmoderne Ă long terme, qui reposait sur des entretiens avec 36 femmes blanches ĂągĂ©es du Sud, habitant dans ma ville natale, et sur une ethnographie de la petite communautĂ© rurale dans laquelle elles vivent St. Pierre, 1995. Je tiens Ă rappeler que cette recherche nâĂ©tait pas conçue pour accomplir un travail dâinterprĂ©tation, câest-Ă -dire pour rĂ©pondre aux questions Qui sont ces femmes ? » et Que sont-elles ? ». Je nâai jamais prĂ©sumĂ© que jâarriverais Ă connaĂźtre ou Ă comprendre ces femmes â Ă dĂ©couvrir leur voix authentique et leur nature essentielle, puis Ă les reprĂ©senter par une description riche et dĂ©taillĂ©e. Je me suis plutĂŽt donnĂ© comme double tĂąche 1 dâutiliser le postmodernisme pour Ă©tudier la subjectivitĂ© en mobilisant lâanalyse Ă©thique de Foucault 1984a, 1984b, le souci de soi, câest-Ă -dire pour explorer les arts de lâexistence » ou les pratiques de soi » que ces femmes ont utilisĂ©s au cours de leur longue vie dans la construction de leur subjectivitĂ© ; et 2 dâutiliser le postmodernisme pour interroger la mĂ©thodologie traditionnelle de recherche qualitative, laquelle est Ă mon sens gĂ©nĂ©ralement Ă la fois positiviste et interprĂ©tative. 61Aussi, puisque je me considĂšre moi-mĂȘme comme une Ă©crivaine â merci Ă Richardson il aura fallu une sociologue pour apprendre Ă Ă©crire Ă une professeure dâanglais â, jâai choisi dĂšs le dĂ©part dâutiliser lâĂ©criture comme mĂ©thode de recherche dans ces deux sens, au moins 1 je considĂ©rerais lâĂ©criture comme une mĂ©thode de collecte de donnĂ©es au mĂȘme titre que, par exemple, les entretiens et lâobservation ; et 2 je considĂ©rerais lâĂ©criture comme une mĂ©thode dâanalyse des donnĂ©es au mĂȘme titre que, par exemple, les activitĂ©s traditionnelles â et que je considĂšre comme structurelles et positivistes â dâinduction analytique, de comparaison constante, de codage, de tri et de catĂ©gorisation des donnĂ©es, etc. Il semble clair, dĂ©sormais, que la cohĂ©rence du concept de mĂ©thode, apprĂ©hendĂ© dans une perspective positiviste et/ou interprĂ©tativiste, est rompue, le concept Ă©tant investi de ces sens multiples. En somme, les efforts pour maintenir son unitĂ© pourraient demeurer vains. En effet, jâespĂšre que dâautres suivront mon exemple et imagineront de nouvelles utilisations de lâĂ©criture comme mĂ©thode de recherche. Je souligne par ailleurs que les deux mĂ©thodes Ă©voquĂ©es ci-dessus ne sont pas distinctes. Faire une telle distinction reviendrait Ă demeurer dans les limites de la structure de la recherche qualitative traditionnelle, qui sĂ©pare souvent la collecte des donnĂ©es de leur analyse. NĂ©anmoins, je maintiens temporairement cette distinction par souci de clartĂ©. 62Dans ma recherche, jâai utilisĂ© lâĂ©criture comme mĂ©thode de collecte de donnĂ©es en rassemblant, câest-Ă -dire en recueillant â dans lâĂ©criture â, toutes sortes de donnĂ©es que je nâavais jamais vues dans les manuels dâinterprĂ©tation qualitative, dont certaines que jâai nommĂ©es donnĂ©es de rĂȘve, donnĂ©es sensuelles, donnĂ©es Ă©motionnelles, donnĂ©es dâinterprĂ©tation situĂ©e [response data] St. Pierre, 1997b et donnĂ©es de mĂ©moire St. Pierre, 1995. Ces donnĂ©es peuvent inclure, par exemple, un rĂȘve agaçant Ă propos dâune entrevue insatisfaisante ; lâangle oblique du soleil du Sud vers lequel mon corps sâest tournĂ© avec bonheur ; mon chagrin lorsque jâai lu la notice nĂ©crologique de lâune de mes participantes ; le commentaire troublant de ma mĂšre qui me reprochait dâavoir fait une erreur ; et des souvenirs du futur » trĂšs rĂ©els Deleuze, 2004/1986, p. 114, dâune Ă©poque tristement privĂ©e de ces femmes et dâautres femmes de leur gĂ©nĂ©ration. Ces donnĂ©es ne figuraient ni dans mes transcriptions dâentretiens ni dans mes notes de terrain, lĂ oĂč les donnĂ©es sont censĂ©es se trouver en effet, comment peut-on textualiser » tout ce que lâon pense et ressent au cours dâune recherche ? Mais elles Ă©taient toujours dĂ©jĂ dans mon esprit et dans mon corps, et elles sont apparues de maniĂšre Ă la fois inattendue et appropriĂ©e dans mes Ă©crits â des donnĂ©es fugitives, passagĂšres, excessives et hors catĂ©gorie. Ce que je veux dire, ici, câest que ces donnĂ©es auraient pu mâĂ©chapper complĂštement si je nâavais pas Ă©crit ; elles nâont Ă©tĂ© recueillies quâĂ travers lâĂ©criture. 63Jâai utilisĂ© lâĂ©criture comme mĂ©thode dâanalyse des donnĂ©es en ce sens que je lâai utilisĂ©e pour penser ; jâai Ă©crit pour entrer dans des espaces particuliers, des espaces auxquels je nâaurais pu accĂ©der si jâavais triĂ© les donnĂ©es avec un programme informatique ou par induction analytique. Il sâagit dâun travail rhizomatique Deleuze et Guattari, op. cit. dans lequel jâai Ă©tabli des connexions accidentelles et fortuites que je ne pouvais ni prĂ©voir ni contrĂŽler. Ainsi, je nâai pas limitĂ© lâanalyse aux pratiques traditionnelles de codage des donnĂ©es, puis de tri en catĂ©gories que jâaurais ensuite regroupĂ©es en thĂšmes, lesquels seraient devenus des titres de section dans un plan qui aurait organisĂ© et rĂ©gi mon Ă©criture avant mĂȘme lâĂ©criture. La rĂ©flexion sâest dĂ©ployĂ©e dans lâĂ©criture. Ă mesure que jâĂ©crivais, je voyais apparaĂźtre et se succĂ©der des mots sur lâĂ©cran de lâordinateur â des idĂ©es, des thĂ©ories â auxquels je nâavais pas pensĂ© avant de les Ă©crire. Il mâest arrivĂ© dâĂ©crire quelque chose de si formidable que jâen ai Ă©tĂ© surprise. Je doute quâune telle pensĂ©e aurait pu Ă©merger par la seule rĂ©flexion. 64Et câest en abordant lâĂ©criture de cette maniĂšre que lâon brise la distinction, dans la recherche qualitative traditionnelle, entre la collecte et lâanalyse des donnĂ©es câest lĂ un nouvel assaut contre la structure. Les deux se produisent simultanĂ©ment. Au fur et Ă mesure que les donnĂ©es sont collectĂ©es dans lâĂ©criture â lorsque la chercheuse pense Ă /Ă©crit Ă propos de lâidĂ©e de sa professeure de latin selon laquelle nous devrions nous Ă©panouir dans lâadversitĂ© ; un chĂąle en vison drapĂ© Ă©lĂ©gamment sur des Ă©paules droites et vieillissantes ; le goĂ»t sucrĂ© et salĂ© de minuscules biscuits au jambon de pays ; toutes les autres choses de sa vie qui semblent sans rapport avec son projet de recherche, mais qui sây libĂšrent totalement â, elle produit des transitions Ă©tranges et merveilleuses dâun mot Ă lâautre, dâune phrase Ă lâautre, de la pensĂ©e Ă lâimpensĂ©. La collecte et lâanalyse des donnĂ©es sont indissociables lorsque lâĂ©criture est une mĂ©thode de recherche. Et les concepts positivistes tels que les pistes de vĂ©rification et la saturation des donnĂ©es deviennent absurdes, et non pertinents, dans le cadre dâune recherche qualitative postmoderne oĂč lâĂ©criture est un terrain de jeu oĂč tout peut arriver â et finit par arriver. 65Il y a beaucoup de questions auxquelles il faut rĂ©flĂ©chir, alors que la recherche qualitative traditionnelle se dĂ©fait â dans ce cas-ci, alors que lâĂ©criture dĂ©construit le concept de mĂ©thode, faisant prolifĂ©rer son sens et faisant dĂšs lors sâeffondrer la structure qui reposait sur son unitĂ©. Mais comment Ă©crire » aprĂšs le tournant linguistique ? Les chercheuses et chercheurs qualitatifs postmodernes ont Ă©tĂ© courageux et inventifs Ă cet Ă©gard. Richardson a identifiĂ© et dĂ©crit cette Ă©criture Ă la fois comme une Ă©criture expĂ©rimentale » Richardson, 1994 et comme une ethnographie CAP » Richardson, 2000. Bien sĂ»r, il nây a pas de modĂšle pour ce travail, puisque chaque chercheuse, chaque chercheur et chaque recherche requiĂšrent une Ă©criture singuliĂšre. Je peux malgrĂ© tout raconter briĂšvement une petite histoire dâĂ©criture Ă propos de mes propres aventures avec la postreprĂ©sentation. 66Comme je lâai mentionnĂ© ci-dessus, dans ma recherche sur les femmes ĂągĂ©es de ma ville natale, jâai entrepris dâĂ©tudier la subjectivitĂ© et la recherche qualitative au moyen dâanalyses poststructuralistes. Ma tĂąche consistait Ă dĂ©construire la structure prĂ©sumĂ©e unifiĂ©e de la femme autonome, consciente et cultivĂ©e, qui serait livrĂ©e Ă la lectrice ou au lecteur par une description riche et dense, de mĂȘme que la structure prĂ©sumĂ©e rationnelle et cohĂ©rente de la recherche qualitative traditionnelle, qui garantirait une connaissance vĂ©ritable des femmes. Nâayant jamais lu de manuel qualitatif postmoderne, jâai dâabord essayĂ© de faire entrer de force â sans succĂšs â la mĂ©thodologie postmoderne dans la grille de la recherche qualitative interprĂ©tative/positiviste. Lorsque lâinadĂ©quation est devenue apparente, puis absurde, jâai commencĂ© Ă dĂ©construire cette structure pour faire de la place Ă la diffĂ©rence. 23 NDT. Il est ici question dâune rĂ©plique du thriller amĂ©ricain The Marathon Man dans lequel Laurence ... 24 Citation originale old promise of representation ». 67Au mĂȘme moment, jâai commencĂ© Ă ressentir une rĂ©ticence littĂ©raire Ă lâidĂ©e de dĂ©crire » ou de reprĂ©senter mes participantes et dâencourager ainsi une certaine forme dâidentification sentimentale. AprĂšs tout, câĂ©tait la subjectivitĂ©, et non les femmes elles-mĂȘmes, qui constituait lâobjet de ma recherche. Je suis devenue mĂ©fiante envers lâhypothĂšse pas-si-innocente » de lâinterprĂ©tativisme selon laquelle les femmes devaient ĂȘtre forĂ©es et exploitĂ©es pour le savoir Qui sont-elles ? Quâest-ce que cela signifie ? » et, par lĂ , reprĂ©sentĂ©es. Cela ne semblait pas ĂȘtre le type de relation Ă©thique que ces femmes, qui mâavaient enseignĂ© comment ĂȘtre une femme, exigeaient de moi. Je me souviens ici dâun commentaire dâAnthony Lane, critique de films pour le New Yorker, qui disait quâau lieu de se demander si le film de David Lynch Mulholland Drive a un sens Quâest-ce que cela signifie ? », les spectatrices et spectateurs devraient se demander ce que Laurence Olivier a un jour demandĂ© Ă Dustin Hoffman Est-ce sans risque ? »23 Lane, 2001. Dans la recherche interprĂ©tative, nous postulons que la reprĂ©sentation est possible, mĂȘme si elle est risquĂ©e. Nous nous y risquons donc, formulant nĂ©anmoins de nombreux avertissements anxieux. Dans la recherche postmoderne, nous pensons que la reprĂ©sentation nâest pas possible et que toute dĂ©marche en ce sens est risquĂ©e. Câest pourquoi nous dĂ©plaçons donc entiĂšrement lâattention ; en ce qui me concerne, je la dĂ©place des femmes vers la subjectivitĂ©. Nous nous mĂ©fions de plus en plus de la vieille promesse de la reprĂ©sentation24 » Britzman, op. cit., p. 234 et, avec Pillow op. cit., nous remettons en question une science dont le but est la reprĂ©sentation. 25 Citation originale runs to meet the reader ». 68Dans mon propre travail, jâai dĂ©veloppĂ© une certaine incompĂ©tence et une sous-performance dâĂ©crivaine je suis incapable dâĂ©crire un texte qui se prĂ©cipite Ă la rencontre [de la lectrice et] du lecteur25 » Sommer, 1994, p. 530, un texte rĂ©confortant Lather et Smithies, 1997 qui satisfait Ă la prĂ©tention interprĂ©tative de connaĂźtre les femmes. PlutĂŽt que dâĂȘtre pour moi une impasse Ă©pistĂ©mologique » Sommer, ibid., p. 532 les femmes comme objets que lâon pourrait connaĂźtre, les femmes sont une ligne de fuite qui mâamĂšne ailleurs les femmes comme provocatrices. Il ne sâagit pas de nier lâimportance de ces femmes ni de prĂ©tendre quâelles ne figurent pas dans mes textes, puisquâelles sont partout. Mais je fais un geste vers elles de maniĂšre oblique dans mes Ă©crits en relatant, par exemple, lâune de nos conversations malaisantes qui sâest transformĂ©e en une confusion splendide et productive sur la subjectivitĂ© ou en racontant comment elles ont insistĂ© pour que je me questionne sur ce quâelles envisagent comme un paradoxe de la mĂ©thodologie. Et quand une personne me demande de lui raconter une histoire sur ces femmes, je lui en raconte une captivante, et si elle mâen demande une autre, je lui dis Va rencontrer tes propres femmes ĂągĂ©es et parle avec elles. Elles ont des histoires Ă raconter, et ces histoires changeront ta vie ». 69NĂ©anmoins, jâaspire Ă Ă©crire sur ces femmes plus ĂągĂ©es qui meurent, meurent et meurent⊠et je le ferai un jour, malgrĂ© mes craintes, mais seulement aprĂšs avoir affrontĂ© cette question postreprĂ©sentationnelle quâest-ce que lâĂ©criture peut faire dâautre que signifier ? Cette Ă©criture impliquera une politique et une Ă©thique de la difficultĂ© qui, dâune part, ne peuvent ĂȘtre accomplies que si jâĂ©cris, mais qui, dâautre part, ne peuvent ĂȘtre accomplies sur la base de tout ce que je sais dĂ©jĂ sur lâĂ©criture. Il nây a pas de rĂšgle pour lâĂ©criture postreprĂ©sentationnelle ; il nâexiste aucune autoritĂ© vers laquelle se tourner pour obtenir du rĂ©confort. 26 Citation originale I do not know, but I do know that we cannot go back to where we were ». 70Quâest-ce que le postmodernisme a fait Ă la recherche qualitative ? Je suis dâaccord avec la rĂ©ponse de Richardson Ă cette question Je ne sais pas, mais je sais que nous ne pouvons pas retourner lĂ oĂč nous Ă©tions26 » 1994, p. 524. Ou, comme lâont dit Deleuze et Parnet, peut-ĂȘtre comprendrons-nous que rien nâa changĂ©, et pourtant tout a changĂ© » op. cit., p. 154. Je reviens aux critĂšres que Richardson a Ă©tablis pour Ă©valuer des textes ethnographiques postmodernes. LâĂ©criture que jâĂ©voque ici â lâĂ©criture sous rature â apporte-t-elle une contribution substantielle ; a-t-elle une valeur esthĂ©tique ; dĂ©montre-t-elle une rĂ©flexivitĂ© ; quelle portĂ©e a-t-elle ; peut-elle reflĂ©ter lâexpĂ©rience vĂ©cue ? Je crois que câest possible. Mais plus important encore, lâĂ©criture comme mĂ©thode de recherche nous porte Ă travers nos seuils, vers une destination inconnue, pas prĂ©visible, pas prĂ©existante » Deleuze et Parnet, ibid., p. 152, peut-ĂȘtre mĂȘme vers la promesse spectaculaire de ce que Derrida appelait la dĂ©mocratie Ă venir » 1993, p. 143, une promesse que ceux qui travaillent pour la justice sociale ne peuvent ignorer. Je pense souvent Ă cette dĂ©mocratie, puisquâelle offre la possibilitĂ© dâĂ©tablir des relations diffĂ©rentes â des relations plus gĂ©nĂ©reuses que celles que je connais, des relations fertiles dans lesquelles les gens sâĂ©panouissent. 27 NDT. ConsidĂ©rant que les versions anglaise et française de lâouvrage ne correspondent pas, nous avo ... 28 NDT. ConsidĂ©rant que les versions anglaise et française de lâouvrage ne correspondent pas, nous avo ... 71Le paradoxe, cependant, est que cette dĂ©mocratie ne se prĂ©sentera jamais sous la forme dâune pleine prĂ©sence27 » Derrida, 1993, p. 65, mais quâelle exige que nous nous prĂ©parions Ă son arrivĂ©e. Derrida affirmait quâelle repose sur lâidĂ©e quâil faut offrir lâhospitalitĂ© absolue » Ă une altĂ©ritĂ© qui ne peut ĂȘtre anticipĂ©e28 » ibid., p. 65 et Ă laquelle nous ne demandons rien en retour. Ainsi, la mise en place de la dĂ©construction dans la dĂ©mocratie Ă venir est ancrĂ©e dans nos relations avec lâautre. En recherche qualitative postmoderne, les possibilitĂ©s de rencontres justes et Ă©thiques avec lâaltĂ©ritĂ© se produisent non seulement dans le champ de lâactivitĂ© humaine, mais aussi dans le champ du texte, dans notre Ă©criture. Dans ces espaces qui se chevauchent, nous nous prĂ©parons Ă une dĂ©mocratie qui nâa pas de modĂšle, Ă une justice postjuridique qui est toujours contingente, qui dĂ©pend toujours de lâaffaire en cours et qui doit ĂȘtre effacĂ©e dĂšs lors quâelle est produite. Se complaire dans lâidĂ©e dâune justice et dâune vĂ©ritĂ© transcendantales, dâun sens profond qui, pensons-nous, nous sauvera, relĂšve peut-ĂȘtre dâun manque de courage, celui dont nous avons besoin pour penser et vivre au-delĂ de nos fictions nĂ©cessaires. 29 Citation originale what happens when we cannot apply the rules ». 30 Citation originale that is not the moment of security or of cognitive certainty. Quite the cont ... 31 Citation originale no grounds, no alibis, no elsewhere to which we might refer the instance of ... 72LâĂ©thique sous la dĂ©construction est donc sans fondement ; elle est ce qui se passe quand nous ne pouvons pas appliquer les rĂšgles29 » Keenan, 1997, p. 1. Cette Ă©thique de la difficultĂ© sâarticule autour dâune responsabilitĂ© complexe envers lâautre, qui nâest pas un moment de sĂ©curitĂ© ni de certitude cognitive. Bien au contraire la seule responsabilitĂ© digne de ce nom procĂšde du retrait des rĂšgles ou des connaissances sur lesquelles nous aimerions compter pour prendre nos dĂ©cisions Ă notre place30 » ibid.. LâĂ©vĂ©nement Ă©thique se produit lorsque nous nâavons plus aucun motif, aucun alibi, aucun ailleurs auquel nous pourrions renvoyer lâinstance de nos dĂ©cisions31 » ibid.. En ce sens, nous serons toujours non prĂ©parĂ©s Ă ĂȘtre Ă©thiques ». Plus encore, la suppression des fondements et du sens originel, qui nâĂ©taient dĂ©jĂ que des fictions, laisse simplement tout tel quel, câest-Ă -dire sans ces marqueurs de certitude sur lesquels nous comptions pour demeurer intacts face Ă notre responsabilitĂ© textuelle. DĂšs lors, comment continuer ? Comment poursuivre notre travail et notre vie ? 73Deleuze soutenait que les Ă©vĂ©nements de notre vie â et dans cet essai, je pense prĂ©cisĂ©ment Ă toutes ces relations Ă lâautre que permet la recherche qualitative â nous encouragent Ă ĂȘtre leur Ă©gal en nous incitant nous-mĂȘmes Ă exceller, Ă ĂȘtre le plus parfait possible. Ou bien la morale nâa aucun sens, ou bien câest cela quâelle veut dire, elle nâa rien dâautre Ă dire ne pas ĂȘtre indigne de ce qui nous arrive » 1969, p. 174. LâĂ©vĂ©nement nous appelle donc Ă ĂȘtre dignes Ă lâinstant mĂȘme de la dĂ©cision, quand ce qui arrive est tout ce qui existe â alors que le sens arrivera toujours trop tard pour nous sauver. Au bord de lâabĂźme, nous marchons sans rĂ©serve vers lâautre. Câest la dĂ©construction Ă son meilleur et, je crois, la condition de la dĂ©mocratie Ă venir de Derrida. Cette dĂ©mocratie appelle une croyance dans le monde » Deleuze, 1990, p. 239 renouvelĂ©e qui, je lâespĂšre, permettra des relations moins appauvries que celles que nous avons imaginĂ©es et vĂ©cues jusquâici. Comme je lâai dit ci-dessus, la dĂ©construction sâaccomplit dĂ©jĂ par le travail des chercheuses et chercheurs qualitatifs postmodernes dans tous les domaines oĂč ils travaillent. 74En ce qui me concerne, je lutte tous les jours pour demeurer digne des femmes ĂągĂ©es de ma ville natale, qui continuent Ă mâenseigner lâĂ©thique. Vous avez peut-ĂȘtre lâimpression que je nâĂ©cris pas Ă leur sujet dans cet essai, mais je vous assure quâelles vous parlent dans chaque mot que vous lisez. Ruminer et Ă©crire Ă propos de ce dĂ©sir de les voir prĂ©sentes dans ce texte et dans dâautres textes que je pourrai Ă©crire, de ce dĂ©sir de sens, accapare une grande partie de mon Ă©nergie. Mais je fais confiance Ă lâĂ©criture et je sais quâun matin, je me rĂ©veillerai et jâĂ©crirai Ă propos de ces femmes dâune maniĂšre que je ne peux encore imaginer. JâespĂšre que vous ferez de mĂȘme, que vous utiliserez lâĂ©criture comme une mĂ©thode de recherche pour entrer dans votre propre impossibilitĂ©, lĂ oĂč tout peut arriver â et oĂč tout arrivera ! Partie 3 pratiques dâĂ©criture Laurel Richardson 32 Citation originale Writing, the creative effort, should come first â at least for some part of ... Ăcrire, lâeffort crĂ©atif, devrait primer â au moins pour certains pans de ton quotidien. Câest une merveilleuse bĂ©nĂ©diction si tu y fais appel. Tu deviendras plus heureux, Ă©clairĂ©, vivant, passionnĂ©, joyeux, et plus gĂ©nĂ©reux envers les autres. MĂȘme ta santĂ© sâamĂ©liora. Les rhumes disparaĂźtront et toute autre affection de dĂ©couragement et dâennui32 Ueland, 1987/1938. 75Dans ce qui suit, je propose quelques façons dâutiliser lâĂ©criture comme mĂ©thode pour connaĂźtre ». Jâai retenu des exercices qui ont Ă©tĂ© utiles aux Ă©tudiantes et Ă©tudiants parce quâils permettent de dĂ©mystifier lâĂ©criture, quâils nourrissent la voix de la chercheuse ou du chercheur et servent le processus de dĂ©couverte de soi, du monde et des enjeux de justice sociale. Jâaimerais aussi pouvoir affirmer avec certitude que ces exercices nous gardent en bonne santĂ©. MĂ©taphore 76Les vieilles mĂ©taphores usĂ©es, bien que faciles et plaisantes Ă utiliser, deviennent avec le temps lourdes et indigestes. Plus rigide vous devenez, moins flexible vous ĂȘtes. Vos idĂ©es en viennent Ă ĂȘtre ignorĂ©es. Si votre Ă©criture est clichĂ©e, vous nâirez pas au-delĂ de votre imagination » AĂŻe ! Le clichĂ© qui pointe vers le clichĂ© ! et vous lasserez les gens. Dans lâĂ©criture scientifique traditionnelle en sciences sociales, la mĂ©taphore de la thĂ©orie est le bĂątiment » par exemple, une structure, une fondation, une construction, une dĂ©construction, un cadre, une grandeur voir lâexcellent livre de Lakoff et Johnson, 1980. Envisagez une autre mĂ©taphore, par exemple la thĂ©orie comme tapisserie », la thĂ©orie comme maladie », la thĂ©orie comme rĂ©cit » ou la thĂ©orie comme action sociale ». RĂ©digez un paragraphe sur la thĂ©orie » en utilisant votre mĂ©taphore. Faire appel Ă cette mĂ©taphore inusitĂ©e pour thĂ©oriser vous fait-il voir et sentir diffĂ©remment ? Voulez-vous que votre thĂ©orie sâinsĂšre autrement dans le monde social ? Voulez-vous que votre thĂ©orie affecte le monde ? Prenez lâun de vos articles et soulignez les mĂ©taphores et les images utilisĂ©es. Quâaffirmez-vous au travers de ces mĂ©taphores que vous nâaviez pas rĂ©alisĂ© affirmer ? QuâĂȘtes-vous en train de rĂ©inscrire ? Souhaitez-vous le faire ? Pouvez-vous trouver dâautres mĂ©taphores qui modifieraient votre façon de voir percevoir le matĂ©riel et votre rapport Ă ce matĂ©riel ? Vos mĂ©taphores composĂ©es font-elles Ă©tat de votre propre confusion ou du fait que les sciences sociales font abstraction de certaines idĂ©es ? En quoi vos mĂ©taphores Ă la fois rĂ©inscrivent les iniquitĂ©s sociales et leur rĂ©sistent ? Formats dâĂ©criture Choisissez un article de pĂ©riodique qui exemplifie les principales conventions dâĂ©criture de votre discipline. Comment lâargumentaire est-il prĂ©sentĂ© ? Qui en est le public prĂ©sumĂ© ? Comment lâarticle reproduit-il une idĂ©ologie ? De quelle façon la personne positionne-t-elle son autoritĂ© par rapport au matĂ©riel ? OĂč se trouve lâautrice ou lâauteur ? OĂč vous trouvez-vous dans cet article ? Qui sont les sujets et les objets Ă lâĂ©tude ? Choisissez un Ă©crit que vous avez rĂ©digĂ© dans le cadre dâun cours ou pour une publication et que vous jugez particuliĂšrement rĂ©ussi. De quelle façon avez-vous suivi les normes propres Ă votre discipline ? Aviez-vous conscience de le faire ? Quelles parties du texte a louangĂ©es la personne qui a Ă©valuĂ© votre travail ? Avez-vous Ă©ludĂ© certaines parties plus difficiles en Ă©tant vague, en utilisant un jargon, en faisant appel Ă une autoritĂ©, aux normes dâĂ©criture scientifique et/ou en ayant recours Ă dâautres tactiques rhĂ©toriques ? Quelles voix avez-vous exclues ? Ă qui sâadresse votre texte ? 77OĂč se situent les sujets dans votre travail ou votre article ? Et vous ? Comment vous sentez-vous par rapport Ă votre travail ou Ă votre article Ă prĂ©sent ? Comment vous sentez-vous par rapport au processus de construction de cet Ă©crit ? Pratiques dâĂ©criture crĂ©ative et analytique Joignez-vous Ă un groupe dâĂ©criture ou lancez-en un. Il pourrait sâagir dâun groupe de soutien Ă lâĂ©criture, dâun groupe dâĂ©criture crĂ©ative, dâun groupe de poĂ©sie, dâun groupe de dissertations, dâun groupe de mĂ©moires, quelque chose du genre sur lâĂ©criture de dissertations et dâarticles, voir Becker, 1986 ; Fox, 1985 ; Richardson, 1990 ; Wolcott, 1990. Travaillez Ă un guide dâĂ©criture crĂ©ative pour quelques excellents guides, voir Goldberg, 1986 ; Hills, 1987 ; Metzger, 1992 ; Ueland, op. cit.. Inscrivez-vous Ă un cours ou Ă un atelier dâĂ©criture crĂ©ative. Ces expĂ©riences sont bĂ©nĂ©fiques tant pour des chercheuses et chercheurs qui dĂ©butent que pour celles et ceux qui ont de lâexpĂ©rience. Voyez lâutilisation des cahiers de notes de terrain comme une occasion dâenrichir votre vocabulaire dâĂ©criture, vos habitudes de raisonnement et votre capacitĂ© de porter attention Ă vos perceptions, et voyez-le comme un rempart contre lâimplacable voix de la science. Nây a-t-il pas meilleur moyen que le processus de recherche pour dĂ©velopper le sens de soi â sa voix ?! Quel meilleur espace que vos cahiers de notes pour expĂ©rimenter diffĂ©rents points de vue â regarder le monde selon la perspective dâautrui ! Tenez un journal. Ăcrivez des rĂ©cits dâĂ©criture, câest-Ă -dire des rĂ©cits de recherche. 33 English classes » dans le texte. Ăcrivez une autobiographie dâĂ©criture. Il sâagirait du rĂ©cit de la façon dont vous avez appris Ă Ă©crire, des dictats des cours de français33 les phrases-thĂšmes, les grandes lignes, les essais de cinq paragraphes ?, des dictats de professeures et professeurs en sciences sociales, de comment et dâoĂč vous Ă©crivez Ă prĂ©sent, de vos besoins dâĂ©criture » idiosyncrasiques, de vos sentiments par rapport Ă lâĂ©criture et au processus dâĂ©criture et/ou de votre rĂ©sistance Ă lâĂ©criture impartiale ». Il sâagit dâun exercice utilisĂ© par Arthur Bochner. Si vous souhaitez faire des expĂ©riences avec lâĂ©criture Ă©vocatrice, une bonne façon de commencer est de transformer vos cahiers de notes en piĂšces de théùtre. Voyez quelles rĂšgles ethnographiques vous utilisez par exemple, rester fidĂšle aux paroles des personnes participantes, Ă lâordre des tours de parole et des Ă©vĂ©nements et quelles rĂšgles littĂ©raires vous convoquez par exemple, limiter le temps de parole des intervenantes et intervenants, laisser lâ intrigue » progresser, dĂ©velopper le personnage Ă travers les actions. Ăcrire des piĂšces de théùtre accentue les considĂ©rations Ă©thiques. Si vous avez des doutes, voyez la diffĂ©rence entre une Ă©criture typique » dâun Ă©vĂ©nement ethnographique et une Ă©criture théùtrale de ce mĂȘme Ă©vĂ©nement, dans laquelle vous et vos hĂŽtes tenez des rĂŽles jouĂ©s devant public. Ă qui appartiennent les mots exprimĂ©s ? Comment cette reconnaissance est-elle attribuĂ©e ? Que faire si des personnes nâaiment pas la façon dont elles sont personnifiĂ©es ? Des normes de courtoisie sont-elles violĂ©es ? RĂ©digez des essais Ă la fois avec une version orale et une version Ă©crite de votre piĂšce. Faites lâexpĂ©rience de lâĂ©criture en transformant une entrevue en profondeur en une reprĂ©sentation poĂ©tique. Tentez dâutiliser les mots, les rythmes, les façons de parler, les respirations, les pauses, la syntaxe et la diction de la personne interviewĂ©e. OĂč vous situez-vous dans le poĂšme ? Que savez-vous de la personne interviewĂ©e et de vous que vous ne connaissiez pas avant dâĂ©crire ce poĂšme ? Quels procĂ©dĂ©s poĂ©tiques avez-vous sacrifiĂ©s au nom de la science ? Ăcrivez un texte stratifiĂ© » [layered-text] voir Lather et Smithies, op. cit. ; Ronai, 1995. Le texte stratifiĂ© est une stratĂ©gie permettant de vous insĂ©rer dans le texte tout en insĂ©rant celui-ci dans les diffĂ©rentes littĂ©ratures et traditions des sciences sociales. Voici une possibilitĂ© dâabord, rĂ©digez un court rĂ©cit de soi Ă propos dâun Ă©vĂ©nement particuliĂšrement significatif pour vous ; prenez du recul et regardez le rĂ©cit selon votre perspective disciplinaire ; ajoutez ensuite Ă votre rĂ©cit dĂ©but, sections intermĂ©diaires, fin, peu importe des affirmations analytiques ou des rĂ©fĂ©rences en utilisant une police de caractĂšre diffĂ©rente, une mise en forme diffĂ©rente, en divisant la page ou en balisant le texte autrement. Les couches peuvent ĂȘtre multiples, avec plusieurs façons de souligner les niveaux thĂ©oriques, les thĂ©ories, les intervenantes et intervenants, ainsi de suite. Il sâagit dâun exercice utilisĂ© par Carolyn Ellis. Utilisez une autre stratĂ©gie dâĂ©criture pour dĂ©velopper une nouvelle forme dâethnographie destinĂ©e Ă des publications en sciences sociales. Produisez un texte transparent » dans lequel la littĂ©rature, la thĂ©orie et les mĂ©thodes prĂ©cĂ©dentes sont insĂ©rĂ©es de maniĂšre significative sur le plan textuel plutĂŽt quâorganisĂ©es dans des sections distinctes pour un trĂšs bon exemple, voir Bochner, 1997. Essayez le texte sandwich », dans lequel les thĂšmes traditionnels des sciences sociales renvoient au pain blanc » qui entoure la garniture » Ellis et Bochner, op. cit., ou un Ă©pilogue » expliquant le travail thĂ©orique et analytique du texte crĂ©atif voir Eisner, citĂ© dans Saks, 1996. ConsidĂ©rez le cadre dâun terrain. ConsidĂ©rez les diffĂ©rentes positions que vous occupez ou avez occupĂ©es dans cet espace, par exemple dans un magasin oĂč vous seriez vendeuse ou vendeur, cliente ou client, gĂ©rante ou gĂ©rant, fĂ©ministe, capitaliste, parent ou enfant. Ăcrivez dâabord Ă propos du cadre ou Ă propos dâun Ă©vĂ©nement se dĂ©roulant dans ce cadre Ă partir de diffĂ©rentes postures. Quâest-ce que ces diffĂ©rentes postures vous permettent de savoir ? Ensuite, laissez les points de vue dialoguer entre eux. Quâest-ce que ces dialogues vous permettent de dĂ©couvrir ? Que dĂ©couvrez-vous Ă travers ces dialogues ? Quâapprenez-vous concernant les iniquitĂ©s sociales ? Ăcrivez vos donnĂ©es » de trois maniĂšres diffĂ©rentes, par exemple un compte rendu narratif, une reprĂ©sentation poĂ©tique et un scĂ©nario de théùtre des lectrices/lecteurs. Que comprenez-vous de chacun des rendus que vous ne compreniez pas des autres ? Comment les diffĂ©rents rendus sâenrichissent-ils mutuellement ? RĂ©digez un rĂ©cit de soi selon votre point de vue par exemple, quelque chose qui sâest produit dans votre famille ou dans un sĂ©minaire. Puis, interrogez une autre participante ou un autre participant par exemple, un membre de votre famille ou du sĂ©minaire et faites-lui raconter sa version de lâĂ©vĂ©nement. Imaginez-vous comme faisant partie de lâhistoire de la participante ou du participant de la mĂȘme maniĂšre quâelle ou il fait partie de votre histoire. Comment réécrivez-vous votre rĂ©cit selon le point de vue de cette personne ? Cet exercice est utilisĂ© par Ellis. LâĂ©criture collaborative nous permet de voir au-delĂ de notre conception naturaliste du style et de lâattitude. Câest un exercice que jâai utilisĂ© dans mon enseignement, mais il serait tout aussi Ă propos pour un groupe dâĂ©criture. Chaque membre met dâabord en mots un Ă©vĂ©nement de sa vie. Par exemple, ce pourrait ĂȘtre un rĂ©cit fĂ©ministe, un rĂ©cit de rĂ©ussite, un rĂ©cit de quĂȘte, un rĂ©cit culturel, un rĂ©cit de socialisation professionnelle, un conte rĂ©aliste, un rĂ©cit de confessions ou un rĂ©cit de discriminations. Des copies des rĂ©cits sont distribuĂ©es aux membres du groupe. Le groupe est ensuite divisĂ© en plus petits groupes je prĂ©fĂšre des groupes de trois. Chaque petit groupe propose une nouvelle histoire, soit lâhistoire collective de ses membres. La collaboration peut prendre diverses formes drame, poĂ©sie, fiction, rĂ©cit de soi, textes rĂ©alistes, etc. Les collaborations sont partagĂ©es avec lâensemble du groupe. Enfin, chaque membre met sur papier ce quâelle ou il a ressenti par rapport Ă la collaboration et Ă ce qui est advenu de son rĂ©cit personnel â et de sa vie â durant ce processus. Prenez un pan de votre vie en dehors de ou prĂ©cĂ©dant votre expĂ©rience dans le milieu de lâenseignement et de la recherche qui vous a particuliĂšrement marquĂ©. Utilisez cette rĂ©sonance comme une mĂ©taphore Ă partir de laquelle travailler pour comprendre et prĂ©senter votre recherche. Les Ă©tudiantes et Ă©tudiants ont créé dâexcellents rapports de recherche et se sont accrochĂ©s Ă des figures inattendues par exemple, la chorĂ©graphie, les principes de lâarrangement floral, la composition picturale, les diffusions sportives. Ces rĂ©sonances cultivent une vie plus intĂ©grĂ©e. Il existe diffĂ©rentes formes dâĂ©criture pour diffĂ©rents publics et diffĂ©rentes occasions. Faites lâexpĂ©rience dâĂ©crire sur un mĂȘme objet de recherche pour un lectorat universitaire, un lectorat de professionnelles et professionnels, pour la presse populaire, pour des lĂ©gislatrices et lĂ©gislateurs, pour le milieu de la recherche, ainsi de suite Richardson, 1990. Câest un exercice fort pertinent pour les Ă©tudiantes et Ă©tudiants de cycles supĂ©rieurs qui pourraient vouloir faire partager de maniĂšre conviviale leurs rĂ©sultats de recherche avec leurs collĂšges. Mettez en rĂ©cit lâĂ©criture Richardson, 1997. Ces histoires renvoient Ă des comptes rendus rĂ©flexifs de ce qui vous a amenĂ© Ă Ă©crire ce que vous avez Ă©crit. Les rĂ©cits dâĂ©criture peuvent porter sur des rĂšgles disciplinaires, des Ă©vĂ©nements dĂ©partementaux, des rĂ©seaux dâamitiĂ©, des liens collĂ©giaux, familiaux et/ou des expĂ©riences biographiques personnelles. Ces rĂ©cits dâĂ©criture permettent de situer votre travail dans divers contextes, rattachant cette tĂąche solitaire et en apparence sĂ©parĂ©e du reste aux alĂ©as de votre vie et de votre personne. Mettre en rĂ©cit ces histoires nous rappelle le processus constant de cocrĂ©ation qui sâopĂšre entre nous-mĂȘme et les sciences sociales. 34 Citation originale Willing is doing something you know already â here is no imaginative underst ... Ătre disposĂ© Ă , câest faire quelque chose que lâon connaĂźt dĂ©jĂ â il nâexiste aucune nouvelle comprĂ©hension imaginative dans cet acte. En ce moment, votre esprit devient affreusement stĂ©rile et dĂ©sertique Ă force dâĂȘtre aussi rapide, vif et efficace Ă rĂ©aliser une chose aprĂšs lâautre, au point oĂč vous ne prenez plus le temps de laisser vos idĂ©es survenir, se dĂ©velopper et rayonner doucement34 Ueland, op. cit..
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